24 avril 2008
Scott Walker : And who shall go to the ball ? And what shall go to the ball ?

Scott Walker : And who shall go to the ball ? And what shall go to the ball ?
Dans la lignée directe de The drift, son disque qui fait peur (si, si), Scott Walker embraye sur un projet experimental (euphémisme, après The drift, le déluge...) et surtout instrumental en 4 pièces d'a peine 6 minutes chacune. Une sorte de EP chaotique qui ne vous épargnera pas non plus.
Car "And who shall..." est bien le digne petit-frère de The drift. Si la première piste joue sur les silences et les cassures, la suite s'avère plus consistante, vous faisant traverser une sorte de Silent Hill crépusculaire hanté d'étranges ombres visqueuses. A l'écoute, on a peine à imaginer que tout soit composé pour un ballet de danse avec de jeunes handicapés, on pourrait même se passer d'imaginer quoi que ce soit tant la musique, hautement exigente et froide comme la mort se passe de quelconques images. Le final aboutit sur la dernière piste où tout semble comme suspendu, stoppé, figé net sur une ultime note prolongée, belle mais terrifiante qui ne semble ni plus ni moins qu'annoncer l'apocalypse...
Choppez l'album sur rapidshare ici !
Un tour de chauffe.
Vous savez quoi ?
L'inaction me pèse.
On peut appeler ça une sorte de retour, oui.
15 janvier 2008
Reprise. Ou pas.
13 juillet 2007
Twin Peaks - Fire walk with me

Twin Peaks - Fire walk with me (Warner/Wea - 1992)
Le film de David Lynch suit de deux ans sa série culte mais chronologiquement, se situe plusieurs jours avant le premier meurtre et la découverte du corps de Laura Palmer dans la série (premier épisode ou épisode pilote) et cette fois, plus encore que dans la série, Lynch et son compère Badalamenti peuvent prolonger les thèmes musicaux mais aussi l'univers sonore (et visuel mais ça c'est le film) tant de la série que le film. Vous me suivez ?
Disons qu'on reste dans les thèmes jazzy (en grande partie) qu'on peut retrouver dans la série mais cette fois, c'est encore plus sombre ou distant. Dès le thème majestueux de l'ouverture (le bien nommé "fire walk with me" en première piste), on comprend que l'on va plus loin que la série. Cette première piste, digne représentante d'une tradition sonore-jazz du film noir instaure une tension que l'on retrouvera en suspens sur l'ensemble du disque. Bien sûr, ici encore et plus que dans la série, la magie Badalamentienne opère une fois de plus, que ce soit à travers l'énergique "the pine float", le rêveur et sensible "best friends" ou "question in a world of blue" chanté (susurré ?) par une Julee Cruise qui nous emmène toujours plus loin.
Et quand à l'image des dernières scènes du film, monte "the voice of love", on est cloué, on chiale, le film, la B.O puis l'utilisation des deux (la B.O et le souvenir du film) frappent à puissance 10. Lynch a gagné, on est terrassés, jouissants d'extase, on en redemande encore et encore pour ce qui est l'une des meilleures bandes originales des 90's.
Tangerine Dream : Stratosfear

Tangerine Dream - Stratosfear (Virgin - 1976)
Un titre des plus étranges et équivoques à la fois (la stratosphère --donc lieu propice pour la musique planante du groupe-- doublée de "fear" qui montre bien le programme inquiétant que le rêve mandarin va dérouler une nouvelle fois) pour une musique à mi-chemin entre électronique et rock dans un background assez houleux...
Du point de vue musical, le groupe a progressivement abandonné les plages ambiantes de Phaedra (1974) et Rubycon (1975) pour se tourner vers une musique electronique un peu plus rock en elle-même (qui aboutira peu de temps plus tard a la gifle de Force majeure (1979) avant de repasser furtivement le temps d'une poignée d'albums aux longues plages planantes et rêveuses.
Puis les années 80 débouleront en force et la musique du groupe
changera radicalement avec les équipements digitaux. Le "son" se fera largement plus froid...). La guitare (accoustique et électrique) qui
faisait son apparition timide sur Ricochet (impro enregistrée
live, hallucinant, album précédent) devient ici un instrument important
du processus, tant dans son utilisation en solos (le bref mais jouissif
solo de guitare électrique de Stratosfear) qu'a l'accoustique (le
presque folk de seconde piste) où en simple texture (piste 3)
supportant la musique.
Stratosfear est sombre (et un peu
glauque), peut-être plus que les précédents disques (mais moins qu'a
leurs débuts je pense, m'enfin, c'est à vérifier vu que je ne possède pas "Atem" ni "Zeit") mais garde ce qui fait la touche du groupe :
mélodies assez belles à la limite de l'improvisé et du structuré avec "inquiétante étrangeté" (d'ailleurs la piste
2, on a vraiment l'impression a un moment qu'un malade mental nous
souffle dessus, juste derrière nous... Ecoutez, vous allez comprendre... ^^' ) et richesse des compositions (si
vous remarquez bien pour ceux qui possèdent l'album, les 3 premières pistes commencent et se terminent
par les mêmes notes...J'avais pas fait gaffe au début).
D'ailleurs, est il utile de préciser que Tangerine Dream semble plus a l'aise dans les morceaux longs ? En celà, "Stratosfear"
qui donne son titre à l'album fut longtemps (et encore aujourd'hui)
considéré comme le "Stairway to heaven" du groupe : lente montée
progressive electronique, tension qui s'accumule avant de brusquement
tout décharger dans un bref mais jouissif solo de guitare. C'est aussi ce qui en fait un de leurs meilleurs morceaux...
Stratosfear
est un peu court mais il compense ce léger défaut par la richesse des
morceaux, ce qui fait qu'on prend un malin plaisir a y revenir, le
poison s'étant lentement bien dilué dans nos petites oreilles...
J'avais
mentionné un peu de houle plus haut ?
J'y reviens. A cette
époque, les prises de bec entre Baumann (flûte et keyboards (*)) et Froese (guitars and lead keyboards on peut dire) commencent à prendre
de l'ampleur, le premier reprochant au second (si j'ai bien compris)
que la musique commençait a devenir commerciale et surtout que Froese
étendait son emprise et sa main mise sur le groupe un peu trop. A
plusieurs reprises, pendant l'enregistrement puis la tournée suivant
Stratosfear, Baumann menace de claquer la porte.
Ce qu'il fera peu de temps après la tournée américaine qui donnera l'énorme disque live "Encore"...
En résulte dans la tension, cet excellent disque où une étrange ambiance de solitude plane dans le groupe.
(*) classe non, la prononciation à l'américaine ? :)
04 juillet 2007
Scott Walker : Tilt

Scott Walker - TILT (1995 - Fontana/Warner)
Vous avez vus la pochette ? Indescriptible au possible, hein ? Eh bien à l'image de sa pochette, Tilt est un ovni inclassable à la limite de l'ambiant, l'indus, le chant de crooner (Scott Walker fut l'une des sources d'inspiration majeure de David Bowie et Neil Hannon (the divine comedy) par ces nombreux disques parfois très Brelliens des 60's mais par la suite, son chemin dévia vers des terres inquiétantes et désaxées) et la pop. En fait "Tilt" est la réunion à coup de baguette magique de tous ses ingrédients là, créant un drôle de paquettage.
On ne sait combien d'exemplaires ont pu se vendre de ce..."truc". Mais ce genre d'exercice de style, ça s'appelle de l'Art croyez moi. Et qui plus est, ce serait plus de l'art contemporain à défaut d'être populaire et universel car voyez-vous, c'est un disque difficile d'accès pour le menant, le gueux qui n'écouterez que de la musique "facile". Mais (ne m'envoyez pas de tomates pourries, j'en ai déjà plein dans le frigo entre le citron et les carottes merci) même l'amateur de musiques sortant de l'ordinaire sera pris au piège de cet attrape-oreille. Et ici, aucune référence a laquelle se raccrocher, nous sommes perdus face a une musique douloureusement bruitiste et mélancolique qui, au fil des écoutes, se laisse lentement s'apprivoiser pour délivrer une beauté incroyable. Oui, sans doute l'un des disques les plus difficile d'accès des 90's mais sans doute au final l'un des plus beaux.
Chef d'oeuvre sans nom.

edit ! Voici l'album à télécharger dans son entier ! Bonne écoute, bande de vauriens...Et n'oubliez pas, celà demande du temps, ce n'est pas un album facile, oh que non !