30 octobre 2005
Brazil OST....
Brazil Original Soundtrack - Milan / ULM / Universal (1992)
La bande originale de Brazil à l' instar de celle de Blade Runner eut aussi des petits problèmes et ne fut donc retrouvée qu' en "intégralité" lors de sa sortie sur format compact disque (le film est de 1984, ce qui n' est pas un heureux hasard mais plus une coïncidence voulue de la part de ce sacré Gilliam en clin d' oeil au livre homonyme d' Orwell vu que Brazil dépeint aussi une certaine dictature).
L' affiche à de quoi faire rêver des millions de cinéphiles ou curieux, cet être, sorte de chevalier des temps modernes qui s' élance (s' échappe ?) d' un casier remplie de paperasses (le papier bureaucratique, plus que l' imbécilité des hommes est le véritable ennemi caché et abstrait qui parcourt le film. Les êtres ne sont que des outils, des noms qu' on peut signer ou rayer dans les contrats et autres feuilles...) vers la liberté.
La musique de Michael Kamen est parcourue d' un seul thème qui varie à plusieurs reprises (au moins plus de 10 versions) à partir du morceau titre de Ary Barroso (Brazil quoi...) pour donner soit une consistance de film noir policier (le saxophone y est pour beaucoup ^^) soit dans l' orchestral qui vire au tragique... Comme le film, véritable chef d' oeuvre à voir et revoir.
Alain Bashung : L' imprudence (2002)
Alain Bashung : L' imprudence - Barclay / Universal (2002)
Noir c'est noir.
Amis dépressif passez votre chemin, l' ami Bashung est allé jusqu' au bout de ses chemins, et contrallées déjà explorées avec Fantasie militaire (1999) et Chatterton (1994). Les jeux de mots et paroles poétiques et décalées sont toujours là mais les textes frappent par leur noirceur, les métaphores et vérités qui ne peuvent laisser que pantois à chaque écoute.
Et ceux qui ont déjà bien vécus tout au long de leur vies n' en seront que plus marqués.
Et la musique ? Le fond sonore est noir bien entendu. Arrangements de cordes, d' orchestre, guitares qui attendent prêtes à bondir, crasses et pianos presque à la Satie, soulignent bien l' errance crépusculaire de solitude de celui qu' on nomme l' empereur de la chanson française. Les pauses et semblants de valses (le "dimanche à Tchernobyl" apaisée et pourtant étrange jusqu' au fond de son âme) alternent avec tension et fils électriques ("Faites monter", "L' irréel", "la ficelle") tandis qu' ailleurs le lyrisme ("faites monter", "je me dore", "mes bras") plane sur l' ensemble de l' album pour donner à celui ci toute sa parure desespérée.
Bashung est à la chanson française ce que Baudelaire est à la poésie : Un monstre génial de noirceur dans le firmament.
Tous les autres peuvent encore essayer de suivre L' empereur sur ses traces musicales mais ll faudra faire fort car son chemin à pris des hauteurs à travers des chemins accidentés, verglacés, couverts de piques, d' orties et de pentes abruptes, de falaises dangereuses.
Pour le dépasser, il faudra faire dans l' extrême tant au niveau des paroles que de la chanson, ce qui pour l' instant au vu de la musique française ne pourrait être réussi que par une mince poignée de jeunes prodiges parmi lesquels peut être Camille...
" Ecran total sur les pores de ma peau
écran total sur nos remords
que dire sinon s' enduire
de tous les crimes
J' ai vu le ciel tourner au violet
et les filles se faire aimer
la mort dans l' âme
c'est la chaleur humaine
Désormais je me dore
à tes rires
je me dore à tes nerfs
à la tyrannie du jour (...)"
Extrait de "Je me dore"
26 octobre 2005
Propellerheads : Decksandrumsandrockandroll (1998)
Propellerheads : Decksandrumsandrockandroll - Wall of sound / Pias (1998)
Déjà, la pochette avec cette explosion.
Et puis ce titre....Un peu (franchement ?) hors du commun... C' est dire si on ne pouvait pas passer à côté, enfin le fait que les frangins Wachowski ait repris un morceau ("Spybreak" mais écourté pour le film a 4 minutes environ alors que la version originale en fait le double) pour le premier Matrix, lors de l' attaque de l' armée dans le grand hall de l' immeuble où Morpheus est détenu.
Ah, ça y est, ça vous revient ?
Les propellerheads pour moi plus concrètement c'est un souvenir de stage. Un stage avec des gens à Paris pour des roughs et croquis divers, alimenté alors par un disque (Matrix n' était pas encore sorti je le rappelle) qui tournait en fond. De l' électro mutante aux relants de drum and basse sur fond de petits scratchs et de décor cinématographique à la Ennio Morricone.
C' est bien ça, la musique entièrement est en larges bandes cinémascopes et les allusions à James Bond sont d' ailleurs nombreuses tant dans un des morceaux --essentiel !-- "On her majesty's secret service" que dans le fait d' avoir invité Shirley Bassey (la chanteuse des génériques de "Moonraker", "diamonds are forever" ou "Goldfinger"). Bref avec James Bond comme --énorme-- clin d' oeil, comment ne pas prendre pleinement son pied au travers de ce disque d' ailleurs assez réussi ?
23 octobre 2005
Neil Young : Harvest moon (1992)
Neil Young : Harvest moon - reprise / Warner (1992)
En
pleine période grunge et pratiquant lui même avec bonheur ce style
depuis le monolithique "Ragged glory" (1990), Neil s' offre une petite
pause, et pas n' importe laquelle puisqu' il s' agit de la suite de l'
album "Harvest" (1972), 20 ans plus tard, mois pour mois, jour pour
jour. Mais là où "Harvest" offrait un son parfois âpre, boisé et
rugueux tel le bois pas encore taillé et vernis d' une bonne guitare,
"Harvest moon" adoucit les choses et les met dans un écrin doux comme
du coton, ce qui n' est pas si mal finalement.
L' album a ses bons
moments, parfois émouvants ("Such a woman" et ses cordes), parfois
touchants ("you and me"), parfois rêveurs ("Harvest moon", "Dreamin'
man"), parfois planants ("Natural beauty", dernière piste de 10 minutes
enregistrée live), toujours étonnants ("War of a man").
Pris entre
les feux et l' électricité de part et d' autre, "Harvest moon" s' avère
un disque sympathique qui devient très vite fidèle.
L' image verso de la pochette s' avère plus belle je trouve que le recto... Strange ?
Camille : Le fil (2005)
Camille : le fil - SCPP/Virgin music (2005)
J' ai découvert Camille par le bouche à oreille comme beaucoup de gens même si j' avais bien aimé en écoute rapide son premier album, un peu bizarrement passé inaperçu faute à une presse incompétente à bien des égards. Vous savez, ce genre de presse qui continue de démolir le rock progressif alors que les années 70 sont finies depuis 30 ans ou qui n'en parle pas vraiment. C'est vrai quoi, écouter Yes ça fait honte chez le critique musical. M' en fout Yes j' aime bien. Et le métal aussi, l' électro et.... Camille aussi.
Pour moi, "le fil" a été la grosse baffe musicale de 2005 (avec le dernier Björk et en retard, Robert Wyatt et le dernier Bashung, "l'imprudence"), et celà grâce à une amie très chère. D' ailleurs vous pouvez écouter Camille chez elle, c' est y pas tout glop ça ? ^_^
Comment évoquer cet album ? Richesse musicale et paroles en français et anglais ? Simplicité, épuration de la musique ? Expérimentation, musique du monde ? Musique de femme enfant ou sentiments à fleurs de peau ? Lyrique et proche de nous ? C' est tout ça à la fois même si je que peut dire peut paraître cliché. Suivant le vécu de chacun, on ne pourra résister aux émotions et aux paroles, incroyablement graves ou décalées suivant les cas. Et tout ça, tout en déroulant un fil bourdonnant sur tout l' album. C' était risqué, c' est finalement génial.
En concert, la jeune femme se révèle bête de scène, invitant le public à chanter avec elle ("Vous"), voire taper des mains, jouer avec elle. Et il y a toujours ce fameux fil qui cette fois est perçu musicalement et visuellement. Non Camille en concert, ça n' a vraiment aucun défaut. Du grand spectacle, intéractif à la fois grand, puissant et intime. Un peu comme du Peter Gabriel, sauf qu' on comprend mieux les paroles... :)
Par contre le public parfois ne suit pas. Camille, fais pas attention aux Amiénois, ils avaient un peu trop mangé ce soir du 5 octobre. Nous on t' aime Camille.
Beh oui, si, si.
Album indispensable (et accessible à tous en plus).





