The sound chaser

Des pochettes de cds à chaque fois. Sans prétention aucune. Juste par coeur, la beauté ou l' étrangeté qui s'en dégage.

23 décembre 2005

Sigur Ros : ( )

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Sigur Ros : ( )  - Pias. (2002)

Sigur Ros est une bande de rêveur perfectionnistes, ça ne fait plus de doutes. Choisissant pour son 3e album après Von et Agaetis Byrjun, de s' abstraire de tous carcans qui retiendraient leur musique, les 4 islandais qui continuent de chanter dans leur langue inventée (l' Hoppelandic, mélange d' Islandais et d' anglais) poussent le packaging très loin : Le disque est inscrit dans un plastique blanc à peine transparent qui dévoilent dans les trous creusés en formes de parenthèses, des formes grises étranges. Que l' on soulève cet étui plastique et le disque apparait et là, surprise, le boîtier transparent, livre un livret tout aussi transparent, fait de plusieurs feuilles de calques.

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Des formes confuses, de terre, d' arbres, de racines et d' herbes apparaissent par un subtil jeu de couches grises plus sombres que d' autres sur le livret. Une manière très Kubrickienne de définir la pensée de ces 4 artistes par le "ne jugez que la musique et que la musique". Et partons d' ailleurs sur cette musique, sans titres aucun, à l' image des Selected Ambiants Works volume 2 d' Aphex Twin. Ne cherchez pas les titres, puisque je vous dis qu'il y en a pas. On appellera donc ça piste 1,2,3 etc... De toutes façons, ne le cachons pas, avec la musique de Sigur Ros, il faut se laisser porter, un peu à l' image du petit bonhomme somnambule derrière l' étui plastique.

Tous les titres reprennent donc la parenthèse du titre et sont d' ailleurs une sorte de parenthèse taillée entre lumière et ténèbres. Sigur Ros épure sa musique, qui se teinte de noirceur, comme si une certaine forme de déprime latente s' était installée chez nos islandais. Les morceaux s' allongent pour faire presque tous au dessus des 6 minutes, voire 12 minutes pour les pistes 7 et 8. Si l' album est en grande partie d'une teneur noire, la musique n' oublie pas pour autant d' ouvrir grand la lumière à certains moments essentiels (ouf). De plus, on sent dans toute la musique un renoncement qui confine parfois à la colère froide, à peine dissimulée. En celà, la piste finale résonne comme une détonation et une délivrance quand soudain le batteur laisse échapper toute sa folie dans une course éffraînée qui réapprend aux auditeurs que l' Islande n' est pas que glace mais aussi laves incandescentes et purs frissons.

Un grand disque (chef d' oeuvre pour ma part), isolé, qui suinte le renoncement, l' oubli, la solitude. A déconseiller toutefois aux dépressifs et agités de la vie qui ne prendraient pas pour les premier, le temps de respirer et pour les seconds, le temps de vivre.

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Posté par Nio Lynes à 17:35 - Chaos torturé - Un commentaire a laisser ? [0] - Permalien [#]

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