29 avril 2007
Klaus Schulze : Body love

Klaus Schulze - Body love (Insideout - 1977)
J'aime bien la pochette, stylisée a souhait, d'ailleurs c'est un peu grâce a elle que je me suis lancé dans l'aventure Schulze (non, pas "papa Schulze") et découvrir a la suite tout un pan de la musique électronique des années 70 originaire d'Allemagne (comme quoi connaître "Kraftwerk" ne suffit pas).
En 1977, Schulze sort de la tournée harassante de son précédent disque "Moondawn" (un chef d'oeuvre de musique électronique des années 70, soit dit en passant. Ce qu'on s'accorde a nommer un "album culte", avis aux curieux) et vient de finaliser la B.O du film "Barracuda" (jamais entendu parler, quand au disque il n'est jamais sorti...étrange) quand il est abordé par le producteur allemand Manfred Menz à propos d'un réalisateur désireux d'utiliser sa musique et pas n'importe quel type de réal'.
Car Lasse Braun (rien a voir avec la marque d'électroménager) travaille dans le domaine du porno (ou plutôt j'appellerais ça de "l'érotisme débridé" si on compare avec le cinéma porno actuel) et s'est fait un nom en étant (historiquement, s'entend) le premier a aller exporter des films de ce genre dans la très prude Amérique. Le réalisateur, fana de la musique de Schulze avait alors essayé tant bien que mal d'utiliser la musique de celui-ci sur le montage de son film sans parvenir a quelque chose d'intéressant, les disques ("moondawn" et "timewind" utilisés étant pré-existants à l'univers du film et donc ayant leurs propres rythmes, leur propre logique.
La réaction de Schulze au premier abord est la suivante :
" (...) This led to a friendship which lasts till today. Menz now lives in Malibu, California where i visited him a couple of years ago. Anyway, this guy calls me and asks if i would compose the score to a porn movie. I said "Porn ? Nah, i don't do that kind of thing."
Le refus est donc catégorique mais peu de temps après, Klaus apprend que Braun avait déjà essayé vainement de la musique pop avant d'essayer de placer des extraits de ses albums. Intrigué, il demande donc a voir le film de Braun en montage avec Menz et sa petite amie française de l'époque, Blanche, a qui il dédie un titre de l'album.
" (...) We watched the movie and thought "well, it's really not too bad !" Besides, there wasn't too much dialogue in it so you could let the music run throught it all way. Therefore i didn't need to write two minutes here, three minutes there until the next piece of dialogue or sound effect occured. I had the opportunity of delivering a genuine composition."
Schulze a donc les pleins pouvoirs sur la bande son, du moment que sa musique planante (parfois plus facile a apprécier avec un joint, de l'herbe ou en étant vraiment pas fatigué :) ) s'accorde avec les images, libre de pouvoir bâtir ses longues pièces imposantes.
Au final ? Un trip sympathique (pour peu qu'on soit ouvert a la musique électronique des années 70 qui n'a que peu a voir avec celle d'aujourd'hui) où le musicien poursuit sur sa lancée d'une musique mélangeant solos de synthétiseur avec solos de batterie sur rythmiques séquentielles et nous donne un son "chaud" qui contraste avec ses autres oeuvres. Il paraît que le disque va aussi bien pour faire l'amour que l'écouter a tête reposée, encore faut il que votre compagne (ou compagnon) aime la musique électronique de Schulze...
Bref bon disque pour un musicien où le meilleur était encore a venir.
Pour plus d'infos sur Klaus Schulze ou ce disque, allez ici.
(les citations sont issues d'une entretien avec Shulze en 2005 lors de la remastérisation de ces disques chez InsideOut....)
Commentaires
Trés bonne chronique, merci pour ton com sur mon blog, à bientôt !
Merci beaucoup ! ;)
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