13 juillet 2007
Tangerine Dream : Stratosfear

Tangerine Dream - Stratosfear (Virgin - 1976)
Un titre des plus étranges et équivoques à la fois (la stratosphère --donc lieu propice pour la musique planante du groupe-- doublée de "fear" qui montre bien le programme inquiétant que le rêve mandarin va dérouler une nouvelle fois) pour une musique à mi-chemin entre électronique et rock dans un background assez houleux...
Du point de vue musical, le groupe a progressivement abandonné les plages ambiantes de Phaedra (1974) et Rubycon (1975) pour se tourner vers une musique electronique un peu plus rock en elle-même (qui aboutira peu de temps plus tard a la gifle de Force majeure (1979) avant de repasser furtivement le temps d'une poignée d'albums aux longues plages planantes et rêveuses.
Puis les années 80 débouleront en force et la musique du groupe
changera radicalement avec les équipements digitaux. Le "son" se fera largement plus froid...). La guitare (accoustique et électrique) qui
faisait son apparition timide sur Ricochet (impro enregistrée
live, hallucinant, album précédent) devient ici un instrument important
du processus, tant dans son utilisation en solos (le bref mais jouissif
solo de guitare électrique de Stratosfear) qu'a l'accoustique (le
presque folk de seconde piste) où en simple texture (piste 3)
supportant la musique.
Stratosfear est sombre (et un peu
glauque), peut-être plus que les précédents disques (mais moins qu'a
leurs débuts je pense, m'enfin, c'est à vérifier vu que je ne possède pas "Atem" ni "Zeit") mais garde ce qui fait la touche du groupe :
mélodies assez belles à la limite de l'improvisé et du structuré avec "inquiétante étrangeté" (d'ailleurs la piste
2, on a vraiment l'impression a un moment qu'un malade mental nous
souffle dessus, juste derrière nous... Ecoutez, vous allez comprendre... ^^' ) et richesse des compositions (si
vous remarquez bien pour ceux qui possèdent l'album, les 3 premières pistes commencent et se terminent
par les mêmes notes...J'avais pas fait gaffe au début).
D'ailleurs, est il utile de préciser que Tangerine Dream semble plus a l'aise dans les morceaux longs ? En celà, "Stratosfear"
qui donne son titre à l'album fut longtemps (et encore aujourd'hui)
considéré comme le "Stairway to heaven" du groupe : lente montée
progressive electronique, tension qui s'accumule avant de brusquement
tout décharger dans un bref mais jouissif solo de guitare. C'est aussi ce qui en fait un de leurs meilleurs morceaux...
Stratosfear
est un peu court mais il compense ce léger défaut par la richesse des
morceaux, ce qui fait qu'on prend un malin plaisir a y revenir, le
poison s'étant lentement bien dilué dans nos petites oreilles...
J'avais
mentionné un peu de houle plus haut ?
J'y reviens. A cette
époque, les prises de bec entre Baumann (flûte et keyboards (*)) et Froese (guitars and lead keyboards on peut dire) commencent à prendre
de l'ampleur, le premier reprochant au second (si j'ai bien compris)
que la musique commençait a devenir commerciale et surtout que Froese
étendait son emprise et sa main mise sur le groupe un peu trop. A
plusieurs reprises, pendant l'enregistrement puis la tournée suivant
Stratosfear, Baumann menace de claquer la porte.
Ce qu'il fera peu de temps après la tournée américaine qui donnera l'énorme disque live "Encore"...
En résulte dans la tension, cet excellent disque où une étrange ambiance de solitude plane dans le groupe.
(*) classe non, la prononciation à l'américaine ? :)
23 juin 2007
Björk - Volta

Björk - Volta (2007)
C'est vraiment la première fois que ça m'arrive mais oui, pour moi, l'ancien fan de la chanteuse Islandaise, il n'y a qu'un seul mot qui pourrait presque sonner comme une insulte pour son incroyable talent à propos de ce disque. C'est un mot subjectif comme toutes mes chroniques et ce mot est : "déception".
Attention, ce n'est pas mauvais non et on sait que Björk sera toujours suffisamment au dessus de la masse mais voilà, on était en droit d'attendre peut-être plus de la chanteuse qui nous avait appris l'exigence avec son clouant "Homogenic", sa pop merveilleuse (quoique contrôlée) de "Post", la gifle de "Medulla". La dernière fois que j'avais pu être un tant soit peu déçu, c'était avec Vespertine qu'avec le temps j'ai apprivoisé pour découvrir là un album formidable, petit chef d'oeuvre intimiste et glacé n'ayant rien à envier à la rupture qu'était "Homogenic" sans non plus y ressembler. Pour "Medulla", je savais a quoi m'attendre et je pris lentement mon temps pour l'apprivoiser, lui, le rejeton dérangeant, entièrement réalisé avec la bouche (sauf un piano à un moment), avec ses envolées, son calme inquiétant, ses silences.
Et Volta ? Dès l'écoute de la première piste, "earth intruders", j'en frissonais pourtant de joie. Björk, tenter un rapprochement avec la musique World ? Chouette. Et comment ne pas s'extasier une fois de plus pour son goût de la mise en image ? Le clip est donc mis en boîte par l'un des spécialistes de l'animation française, Michel Ocelot (Kirikou, Azur et Asmar). Le packaging est une fois de plus intéressant : stickers et ouverture centrale pour un boîtier cartonné tout de rouge intense.
Pourtant plus l'album se déroule plus on écoute la musique avec attention pour se recroqueviller pépère. Pas de nouveauté si ce n'est de belles parties ambiantes ("Vertebra by Vertebra" par exemple) mais rien de neuf. Même une impression d'étrange déjà vu. Ces structures pop qu'on jurerait issues de Début mais remaniée différemment avec une nouvelle sauce... Des emprunts a son propre style ("vertebra by vertebra" reprend des samples de "drawing restraint 9". Björk se sampler elle-même, la bonne blague ou bien "declare independance" où Björk même avec humour, nous refait des paroles à la...Sugarcubes. C'est le passé tout ça, enfin !) et des instants un peu creux et vides. Les collaborations ? Là aussi par moments, on aimerait plus...
Par exemple, Timbaland au son, excellente idée...Mais peu exploité et dans le reste... Cette joueuse de luth chinoise Min Xiao-Fen sous exploitée (Bowie fit bien mieux avec sa guitare de geisha, le kato sur l'album "Heroes", je serais tenté de dire), ce duo avec Anthony du groupe Anthony and the Johnson...Bien mais sans plus, le pauvre ne pouvant dire que quelques phrases...On est loin du magique duo avec Thom Yörke sur "I've seen it all" de Selmasongs.
Voilà donc après de nombreuses écoutes ce qui me gêne dans cet album : le sentiment de "bien mais sans plus". Surtout pour une artiste exigeante et bouillonnante d'intelligence comme Björk. Mais peut-être que cet album se laisse apprivoiser et redécouvrir dans le temps ? Soit, admettons et dans ce cas, j'éditerais ce message mais pour l'instant, j'en reste sur l'appréciation d'un album assez moyen. Espérons que la chanteuse saura rectifier le tir par la suite...
23 mai 2007
The chemical Brothers - Dig your own hole

Second album des frères chimiques et dans la droite lignée de leur précédent travail. Une poignée de pistes pour danser, taper des mains, remuer le popotins et des clips déjà intéressants qui les distinguent de la masse (dont l'épique "electrobank" (ici la 3e piste) où l'on aperçoit un duel entre deux gymnaste, sur le point de rupture). Bien sûr ce n'est pas de la musique qu'on écouterait tous les jours, les "frères" n'en sont pas encore là, il faudra patienter et attendre leurs prochains albums, ici, tout n'est que chaos concassé et bruyant entre rock et rythme électroniques, ce qui finalement les a toujours fait remarquer de nombreux autres groupes (même si on pouvait a une époque les comparer par moments au rock-punkoïde de Prodigy)....Alors ce "ptit skeud", ça le fait ?
Pour danser mon frère, pour danser et là c'est le top entre potes.
20 mai 2007
Vangelis - The city

Vangelis - The city (1990)
Vangelis
n'est pas qu'un compositeur de musique de film surdoué, il est avant
tout un musicien autodidacte (il a appris à jouer du piano tout seul
dès 4 ans... O_o) qui évolua longtemps dans sa carrière dans la musique
électronique un peu à part. "Compositions un peu new-âge, concepts-albums, musique qui purifie l'esprit"....En raison de son tempérament
pacifiste et que ses morceaux étaient souvent une fusion de claviers
moody avec parfois des instruments assez variés mais très souvent des
morceaux calmes, on a trop vite rangé le père Vangelis dans la
catégorie relaxation, un comble non ?
The city est un album
concept dans le sens où Vangelis nous invite presque chamaniquement à
capturer l'esprit d'une ville, à faire voyager notre âme dans une ville
à la fois imaginaire et si proche de nous à l'écoute de chaque morceau.
Tout y est pour prolonger l'immersion (bruits de pas, pièces de
monnaies qui claquent sur le comptoir, moto qui démarre, paroles
échangées (Roman Polanski et Emmanuelle Seignier qui parlent et font
claquer leurs chaussures ! (*)), bruits de voyageurs à l'arrivée de la
ville....Et au départ et nous offrir une agréable balade.
(*) mais si, mais si, je cite le livret :
Footsteps and voices by Roman Polanski and Emmanuele Seigner
Björk - Hyperballad

Björk - Hyperballad (1995)
L'univers de Björk ne se limite pas bien sûr a ses seuls disques. Björk c'est aussi (et surtout ?) une image maîtrisée de bout en bout, dans ses clips, pochettes, tenues vestimentaires. Björk est la parfaite material girl telle qu'on pouvait le croire avec Madonna mais l'Islandaise est allée bien plus loin que celle-ci pour suivre une voie de non retour dans l'expérimentation sonore et visuelle tout en restant accessible au grand public (quoique Medullà...Mais bon, c'est autre chose ça...).
Avec ses disques sortent multitudes de petits albums, EP et remix en tous genre qui vivent leur vie séparée mais issus du même univers. En témoigne le morceau "Hyperballad" (peut-être l'un des plus beaux morceaux de l'album Post, en tout cas mon préféré. Curieusement il s'avère presque un brouillon qui annoncerait la sublime chanson "Joga" de Homogenic à bien y regarder) qui ici en plus de figurer dans une version plus ou moins normale mais raccourcie de l'album (le fameux "radio edit") se trouve agrémenté de 5 autres versions différentes, tour à tour planantes (le mix de Fluke), dansantes (le Tee's Freeze mix de Todd Terry pour soirée entre potes ou boîtes de nuit) voire....concassées et cassantes (le "stomp mix" de LFO) mais non moins intéressantes.
Les remix de Björk nous font découvrir une nouvelle facette des chansons, une autre vie à portée de mains disque. Bref c'est du tout bon.
29 avril 2006
Dierdre : One (2006)

Dierdre : One - Six Degrees Records (2006)
Pochette mystérieuse et limite énigmatique, plongée dans le gris et le rouge pour ce premier album de la chanteuse du groupe électronique Ekova, Dierdre Dubois, qui se voit effectuer là des morceaux qui sont autant de pistes ouvertes dans des directions vers la musique électronique, la house, la world music, le classique, le jazz... Chaque morceau part donc dans une direction, tout en effectuant lui-même des détours sinueux. Vous me comprenez bien ? Oui ? Non ? C'est pas grave, suffit d' écouter pour s' en apercevoir.
Dierdre se sert de son instrument vocal pour moduler les chansons de l' intérieur, le reste ne pourrait être qu' accompagnement limite dépouillé parfois. Faux scratch, notes de synthés, batterie, rythme house et pop sur "Firefly" alors que la voix de Dierdre semble tantôt énervée, tantôt joueuse. Avec "Nights in white satin", on se croirait dans une compile Hotel Costes, des trucs comme ça alors que la voix semble s' inspirer du jazz. "A maid in Love", n' eut été la voix, on aurait cru à une électro-pop japonaise, troublant. "A way to love" lui, joue plus dans la cour du métal et hard rock mais façon électro tandis que "Waiting for spring" se base sur diverses inspirations jazz, world, électro, musique venue d' Inde... Et que dire de cette reprise de Noir Desir "Lolita nie en bloc" et ses violons qui rôdent et installent une tension permanente tandis que voix et rythmiques refluent.... Même si les morceaux partent dans toutes les directions, celà ne nous indique pas la suite de la direction musicale pour le prochain album, il n' empêche que pour un premier album, c'est un joli coup.
28 avril 2006
New Order : Low-life (1985)




New Order : Low-life - CentreDate/London Records/ Warner music (1985)
4 photos, représentant chacune un membre du groupe, en pleine introspection, le tout entouré d' un fin calque transparent, voilà la pochette. Comme des polaroïds dont on peut toujours changer le sens, libre à l' amateur de musique passionné de se faire sa propre pochette perso. Dernièrement j' ai appris que les réeditions récentes de cet album de New Order n' avaient plus qu' une seule pochette (la dernière photo) et que les autres photos constituaient maintenant un livret. Dommage.
Pour cet album, que je considère comme leur meilleur et le plus équilibré tant techniquement qu' émotionnellement, les 3 rescapés de Joy Division et Gillian Gilbert, l'unique membre féminin du groupe arrivent à créer l' album presque parfait du groupe : à la fois pur divertissement pour danser et taper des mains mais aussi morceaux grandement mélancoliques à écouter tranquillement. D' ailleurs mis à part "Face up" qui semble trop daté et rigolard pour qu'on ne lui apporte un peu de crédit, le reste n' a pas pris une ride et reste toujours aussi grandement jouissif. Le folk-dance-électro de Love vigilantes est toujours aussi planant que la pop dansante de The perfect kiss (un morceau culte..."'cause the perfect kiss is the kiss of death" diront ils en live) ou l' embryon punk Sunrise, reste d'une formation alors cold-wave, sans oublier l' instrumental magique et féerique Elegia, et puis Sooner than you think avec son intro toujours aussi formidable, tandis que Sub-culture donne toujours cette sublime impression d' écouter de la musique dans une église.
Un grand album de pop pour se reposer ou danser sur place qui n'a pas vieilli du tout.
20 avril 2006
OMR : Superheroes crash (2006)

OMR : Superheroes crash - FCM/UW/Discograph (2006)
Après un premier album éclectique et remarqué électronique aux influences gothiques, new-wave et cinématographique, les deux compères français récidivent deux ans plus tard avec cet album qui, oh surprise, propose cette fois un changement presque radical. Exit les pistes électroniques à chaque fois différentes, ici on a affait à de l' electro-pop-indie-new wave polie et carrée où chaque morceau à été soigneusement réfléchi. Une certaine homogéïnité qui leur permet d' inviter une guitare électrique (!), une batterie (!!), une basse (!!!), que des trucs absent du premier album qui vous transforme un groupe électro en groupe de rock électro. On pense beaucoup à Interpol (surtout le premier album) et Joy Division (dont Interpol se déclarait ouvertement descendant et où OMR avait adressé un énorme clin d' oeil cinématographique en diable dès le premier album avec la piste "the last"...) et c'est presque ça, si ce n' est le timbre planant, léger et éthéré de la chanteuse qui apporte ce qu'il faut de chaleur et de lyrisme. OMR, héritier (français) d' Interpol ? Pourqoi pas ? C'est devenue assez ressemblant sans pour autant toutefois perdre la patte personnelle au groupe alors que dire de plus si ce n'est que, ma foi, c'est tout aussi bon, on y revient assez souvent et l' album tourne assez régulièrement en boucle sur la platine...
Pourquoi vous priver alors ? :)
17 février 2006
Aphex twin : selected ambiants works vol.2 (1992)

Aphex Twin : Selected ambiants works vol.2 - Warp records (1994)
Changement radical de style pour l' aphex alias Richard D James en 1994 avec ce double album gargantuesque marqué tout aussi bien par l'univers ambiant d' Eno que l' amour du silence reconnaissable chez Satie. Les morceaux font presque tous entre 5 à 8 minutes très souvent et s' arborent de grandes nappes de synthé où parfois ressort un bruit confus, quelques touches discrètes, de petites percussions, des silences immenses. Le tout régnant dans un extrême dépouillement et une incroyable humilité qui ennuiera bien certains venus chercher du rythme, de l' électro hardcore (comme ce que faisait habituellement l' Aphex) et de la techno qui bouge à tout va pour vomir danser en boîte. Et pour paraphraser la musique, il n'y a même pas de titres de compositions, seulement dans le livret, des dégradés de couleur et des images, des détails. Un disque abyssal, une expérience unique à tenter de musique atmospérique comme il n' en existe guère.
Pour mon expérience personnelle ce disque m'a tellement marqué qu' en stage un jour, je suis resté près d'un bon quart d'heure à écouter un bruit continu de flasheuse électrique, les gens me demandaient si j' allais bien, ils ne me voyaient pas bouger. Mais grâce à la musique d' aphex twin, je pouvais apprécier des bruits du quotidien devenus industriel. Je pourrais même grâce à ce disque rester écouter le bruit du vent et décréter qu'il s' agit là de la plus belle musique qui soit, c'est dire.
Un disque unique dont on ne sort pas indemme.
et hop une page très documentée sur l'aphex pour les curieux...
26 octobre 2005
Propellerheads : Decksandrumsandrockandroll (1998)
Propellerheads : Decksandrumsandrockandroll - Wall of sound / Pias (1998)
Déjà, la pochette avec cette explosion.
Et puis ce titre....Un peu (franchement ?) hors du commun... C' est dire si on ne pouvait pas passer à côté, enfin le fait que les frangins Wachowski ait repris un morceau ("Spybreak" mais écourté pour le film a 4 minutes environ alors que la version originale en fait le double) pour le premier Matrix, lors de l' attaque de l' armée dans le grand hall de l' immeuble où Morpheus est détenu.
Ah, ça y est, ça vous revient ?
Les propellerheads pour moi plus concrètement c'est un souvenir de stage. Un stage avec des gens à Paris pour des roughs et croquis divers, alimenté alors par un disque (Matrix n' était pas encore sorti je le rappelle) qui tournait en fond. De l' électro mutante aux relants de drum and basse sur fond de petits scratchs et de décor cinématographique à la Ennio Morricone.
C' est bien ça, la musique entièrement est en larges bandes cinémascopes et les allusions à James Bond sont d' ailleurs nombreuses tant dans un des morceaux --essentiel !-- "On her majesty's secret service" que dans le fait d' avoir invité Shirley Bassey (la chanteuse des génériques de "Moonraker", "diamonds are forever" ou "Goldfinger"). Bref avec James Bond comme --énorme-- clin d' oeil, comment ne pas prendre pleinement son pied au travers de ce disque d' ailleurs assez réussi ?
