13 juillet 2007
Twin Peaks - Fire walk with me

Twin Peaks - Fire walk with me (Warner/Wea - 1992)
Le film de David Lynch suit de deux ans sa série culte mais chronologiquement, se situe plusieurs jours avant le premier meurtre et la découverte du corps de Laura Palmer dans la série (premier épisode ou épisode pilote) et cette fois, plus encore que dans la série, Lynch et son compère Badalamenti peuvent prolonger les thèmes musicaux mais aussi l'univers sonore (et visuel mais ça c'est le film) tant de la série que le film. Vous me suivez ?
Disons qu'on reste dans les thèmes jazzy (en grande partie) qu'on peut retrouver dans la série mais cette fois, c'est encore plus sombre ou distant. Dès le thème majestueux de l'ouverture (le bien nommé "fire walk with me" en première piste), on comprend que l'on va plus loin que la série. Cette première piste, digne représentante d'une tradition sonore-jazz du film noir instaure une tension que l'on retrouvera en suspens sur l'ensemble du disque. Bien sûr, ici encore et plus que dans la série, la magie Badalamentienne opère une fois de plus, que ce soit à travers l'énergique "the pine float", le rêveur et sensible "best friends" ou "question in a world of blue" chanté (susurré ?) par une Julee Cruise qui nous emmène toujours plus loin.
Et quand à l'image des dernières scènes du film, monte "the voice of love", on est cloué, on chiale, le film, la B.O puis l'utilisation des deux (la B.O et le souvenir du film) frappent à puissance 10. Lynch a gagné, on est terrassés, jouissants d'extase, on en redemande encore et encore pour ce qui est l'une des meilleures bandes originales des 90's.
21 juin 2007
Death Proof OST

Quentin Tarantino's Death Proof OST (2007 - Wea/Warner)
Même pour un film censé être en double programme (le fameux projet "grindhouse" de Tarantino et Rodriguez), on a quand même là un film de Tarantino et à film Tarantinien, compilation de musiques dite "Tarantiniennes".
Qu'on se rassure, pour ce qui est de la musique, Quentin n'a pas perdu la main, c'est un connaisseur vous savez et ce disque nous offre comme ses précédentes B.O de films, son petit lot de perles. Par exemple en ouverture, une piste du regretté Jack Nitzsche, légendaire compagnon de route de Neil Young qui porte bien son nom : "the last race" (avec violon, guitare et bruits de bagnoles vendus en option). Pas loin, on croisera le glamour "jeepster" du non moins glamour groupe de Marc Bolan (et ancien pote de Bowie), T-Rex en passant par l'agréable slow "the love you save (may be your own)" de Joe Tex. Plus loin on trouvera le brûlant "down in mexico" des Coasters pour finir sur une perle récente de 1995 resortie exprès pour nous par Quentin, le rock déjanté d'April March, "Chick habit"....Qui s'avère LE meilleur morceau du disque, toutes catégories cofondues.
D'ailleurs écoutez le et savourez. Bonne écoute.
03 juin 2007
Solid state society

Ghost in the shell : Stand alone complex - Solid state society.
Bon on s'assoit et on boit frais sinon on risque de ne pas s'y retrouver dans ce mic-mac. Au début il y eu un manga de Masamune Shirow brillament adapté en film d'animation adulte et métaphysique par Mamoru Oshii. Puis récement une série animée (Stand alone complex) s'inspirant de l'univers de Shirow mais aussi de ce qu'il pourrait y avoir eu avant le film de Oshii dont la fin, très "2001" imposait un point de non retour. Puis suite au succès de la série, il y eut "Solid state society", une poignée d'OAV (original animation Video, des mini séries ne sortant que sur k7 et dvd au Japon et nullement réalisées pour la télé donc bénéficiant de plus de moyens techniques et financiers dans la réalisation et surtout de très peu de contraintes, car pas de délais pour la télé...) explorant encore plus cet univers cybertechnique.
Du côté des compositeurs, celà varie aussi, les films de Oshii ayant Kenji Kawai a la musique (son compositeur attitré tout comme Hermann était celui de Hitchcock), les séries ayant un compositeur plus flexible, ou plutôt une compositrice, Yoko Kanno prodige surdouée de la musique depuis son plus jeune âge. Ici on ne change pas une recette qui gagne et Yoko Kanno retravaille son axe musical fixé pour la série et l'oav : electro-pop mélancolique et arrive avec un bonheur inégalé a nous sortir encore des compositions dont, si on reconnait le style Kanno entre mille, arrivent encore a nous émerveiller et nous faire rêver.
Car c'est celà au fond le style Kanno : une perle d'une richesse qui ne se démodera pas, du moins pas avant la fin de la musique, donc la fin de l'humanité. On peut dormir tranquille, on ne se lassera jamais de la musique de Yoko Kanno.
Merci mademoiselle Kanno pour continuer de nous bercer de mélodies à tomber a la renverse.
07 mai 2007
Final Fantasy IV Celtic Moon

Final Fantasy IV Celtic Moon (1991)
Après les versions piano de musiques de soundtrack de jeu vidéo, passons à un autre challenge, la retranscription en musique celtique ! Il fallait oser et maître Nobuo Uematsu déjà en charge des bandes originales des autres Final Fantasy le fit avec un bonheur certain. Et nous voilà revenus aux Moyen-âge ou du moins à l'écoute, ce qui peut le plus s'en rapprocher.
Pour retrouver l'état d'esprit même de la musique celtique, le compositeur japonais n'hésite pas a partir enregistrer en Irlande en août 91 aux studios Starc de Dublin, peu de temps après la sortie du jeu éponyme sur super Nes (pas encore sorti en Europe néanmoins. Les Final Fantasy ne seront "redécouvert" au grand public qu'après la sortie et le succès du 7e volet sur playstation) et de sa B.O avec 8 musiciens originaires du pays pour finalement livrer une oeuvre toute en finesse et en subtilité, terriblement mélancolique (voire d'une tristesse lacrymale impressionnante si je voulais faire dans l'ironie) où tous les instruments du passé (aucun instrument "moderne" utilisant l'électricité comme la guitare électrique ou le synthétiseur ne sont utilisés) sont sollicités. De la flûte traversière à la harpe Irlandaise (?) en passant par les violons, le hautbois ou l'accordéon pour former une oeuvre belle et homogène.
Je n'écoute pas souvent ce disque mais quand je le fais, c'est dans l'état d'esprit même d'où il a été conçu et avec un bonheur certain.
29 avril 2007
Klaus Schulze : Body love

Klaus Schulze - Body love (Insideout - 1977)
J'aime bien la pochette, stylisée a souhait, d'ailleurs c'est un peu grâce a elle que je me suis lancé dans l'aventure Schulze (non, pas "papa Schulze") et découvrir a la suite tout un pan de la musique électronique des années 70 originaire d'Allemagne (comme quoi connaître "Kraftwerk" ne suffit pas).
En 1977, Schulze sort de la tournée harassante de son précédent disque "Moondawn" (un chef d'oeuvre de musique électronique des années 70, soit dit en passant. Ce qu'on s'accorde a nommer un "album culte", avis aux curieux) et vient de finaliser la B.O du film "Barracuda" (jamais entendu parler, quand au disque il n'est jamais sorti...étrange) quand il est abordé par le producteur allemand Manfred Menz à propos d'un réalisateur désireux d'utiliser sa musique et pas n'importe quel type de réal'.
Car Lasse Braun (rien a voir avec la marque d'électroménager) travaille dans le domaine du porno (ou plutôt j'appellerais ça de "l'érotisme débridé" si on compare avec le cinéma porno actuel) et s'est fait un nom en étant (historiquement, s'entend) le premier a aller exporter des films de ce genre dans la très prude Amérique. Le réalisateur, fana de la musique de Schulze avait alors essayé tant bien que mal d'utiliser la musique de celui-ci sur le montage de son film sans parvenir a quelque chose d'intéressant, les disques ("moondawn" et "timewind" utilisés étant pré-existants à l'univers du film et donc ayant leurs propres rythmes, leur propre logique.
La réaction de Schulze au premier abord est la suivante :
" (...) This led to a friendship which lasts till today. Menz now lives in Malibu, California where i visited him a couple of years ago. Anyway, this guy calls me and asks if i would compose the score to a porn movie. I said "Porn ? Nah, i don't do that kind of thing."
Le refus est donc catégorique mais peu de temps après, Klaus apprend que Braun avait déjà essayé vainement de la musique pop avant d'essayer de placer des extraits de ses albums. Intrigué, il demande donc a voir le film de Braun en montage avec Menz et sa petite amie française de l'époque, Blanche, a qui il dédie un titre de l'album.
" (...) We watched the movie and thought "well, it's really not too bad !" Besides, there wasn't too much dialogue in it so you could let the music run throught it all way. Therefore i didn't need to write two minutes here, three minutes there until the next piece of dialogue or sound effect occured. I had the opportunity of delivering a genuine composition."
Schulze a donc les pleins pouvoirs sur la bande son, du moment que sa musique planante (parfois plus facile a apprécier avec un joint, de l'herbe ou en étant vraiment pas fatigué :) ) s'accorde avec les images, libre de pouvoir bâtir ses longues pièces imposantes.
Au final ? Un trip sympathique (pour peu qu'on soit ouvert a la musique électronique des années 70 qui n'a que peu a voir avec celle d'aujourd'hui) où le musicien poursuit sur sa lancée d'une musique mélangeant solos de synthétiseur avec solos de batterie sur rythmiques séquentielles et nous donne un son "chaud" qui contraste avec ses autres oeuvres. Il paraît que le disque va aussi bien pour faire l'amour que l'écouter a tête reposée, encore faut il que votre compagne (ou compagnon) aime la musique électronique de Schulze...
Bref bon disque pour un musicien où le meilleur était encore a venir.
Pour plus d'infos sur Klaus Schulze ou ce disque, allez ici.
(les citations sont issues d'une entretien avec Shulze en 2005 lors de la remastérisation de ces disques chez InsideOut....)
16 janvier 2007
Silent Hill 3 OST

Silent hill 3 original soundtrack
Dans les recoins glauques de l'univers Konami et surtout de la famille des soundtracks de Silent Hill, il y avait le père silencieux et inquiétant, dangereux (l'ost 1, industrielle, folle, en rupture de toutes marges. Dantesque. Effrayante); la mère, aux aguets, aquatique, au caractère brumeux (Silent hill ost 2, ambiant inquiétante, tour à tour magique, mélancolique et desespérée, atmosphère de rouille en suspension musicale...), il y a le fils.
Qui tient autant des deux, aussi bien papa que maman. On conserve le côté inquiétant en flottement (début ou fins de morceaux, "breeze -- in monochrome night" par exemple), on rajoute une mélancolie ambiant rythmée, le tout mélangée avec un fond de rock crasseux, oh surprise (avec un thème puissant à la carte, hymne génial qu'est "you're not here" -- d'ailleurs en écoute-- que Gans eut l'intelligence de mettre en générique de fin dans son film alors qu'ici on a le morceau d'office au début de l'album, piste 2). On obtient au final une fois de plus un disque formidable bourré de poésie noire comme on l'aime. Excellent.
18 novembre 2006
Tangerine Dream : Thief (1981)

Tangerine Dream : Thief - (Virgin records - 1981)
Peu de temps après le départ de Klaus Krieger, les deux autres larrons du groupe allemand, Edgar Froese et Chris Franke engagent Peter Baumann et en soi même si ce dernier s'avère créatif, c'est déjà le début de la fin du groupe, Baumann privilégiant des expériences sonores plus commerciales qui plomberont le groupe au milieu des 80 jusqu'à aujourd'hui, lui donnant son statut de groupe trop vite classé en "musique pompière" par des critiques musicophiles plus agrégés pour des morceaux à vocation rock d'un format de 2 à 3 minutes qui n'ont pas vraiment envie de se mouiller les oreilles à une musique un tant soit peu sortant de sentiers mille fois rabattus...
A la fin des 70's, le groupe "électronique" (aussi surprenant soit-il, Tangerine Dream a commencé dans le rock avec des albums aussi sombres que "electronique meditation", "alpha centauri" ou "zeit" avant de prendre un tournant plus planant, un peu influencé par Pink Floyd) est encore grandement en pleine possession de ses moyens créatifs (en témoigne par exemple le superbe "Force Majeure" rêve planant, brut et inquiétant, joyau sombre et abrasif qui pourtant ouvre grand les yeux sur des plaines inédites) et est approché de plus en plus par les producteurs de films. La suite est plus ou moins connue, Tangerine Dream s'illustrera avec plus ou moins (en fait plus que moins) de succès aux bandes originales de films plus ou moins devenus cultes ("Sorcerer" de Friedkin, dont je fais une chronique ici, "The keep" de Michael Mann --film injustement maudit-- ou "Near Dark -- Aux frontières de l'aube" incroyable film de Vampires modernes par Kathryn Bigelow).
Thief n'échappe pas à la règle, il est la bande originale du "solitaire" de Michael Mann (après Miami Vice, y'a beaucoup de Mann ici je trouve :) ) et comme pour tous films de Mann il faut s'attendre à une certaine exigeance sonore du réalisateur pour ce qui est du travail sur le son, ça tombe bien Tangerine Dream livre là une composition lumineuse soulignant à merveille les images. Roulement de synthés, percus flottantes et guitares electrique jamais loin, le groupe en profite pour se citer aussi lui-même, en clin d'oeil à ses fans acharnés (les "hurlements de loups" que l'on entend en dernière piste, rappel justement des bruits entendus sur la 3e piste de "force majeure"). On pourra néanmoins trouver cet album plus faible que leurs compositions passées mais en regard de ce qui suivra, c'est quand même pas mal.
10 septembre 2006
Open your mind OST.

Eh oui, encore une réalisation de Kenji Kawai pour son compère Mamoru Oshii mais cette fois-ci ce n'est plus un film qu'il faut illustrer mais un moyen-métrage assez personnel du maître avec trois clips retraçant presqu'une synthèse des grandes étapes de la carrière du maître japonais mais avec un petit plus non négligeable qui fait partir l'univers d'Oshii vers des destinations jusqu'alors inconnues (les photos ci-dessous parlent d'elle-même...) et la musique de Kawai de suivre le même chemin ou presque.


Presque car à l'écoute de ce disque on comprend que les choses ne sont simples qu'en apparence. C'est bien simple, ce disque semble (tout comme pour Oshii) une synthèse du "style Kawai". Les choeurs de Ghost in the Shell et Innocence se retrouvent, évoluent, croisent la musique world, on a des synthés tout droit sortis de Patlabor 2 et des violons enjoués qu'on aurait pu mettre sur Avalon, mais l'on sent aussi une superbe utilisation des percussions, de pro-tools, et d'élèments rarement intervenus chez Kawai, notamment de la flûte ou du triangle.


Le disque peut au premier abord sembler très court il n'en est rien. Certes, il n'y a que quatre pistes audios, --l'équivalent d'un ep-- mais 3 de ses 4 pistes font en moyenne dans les 8 minutes et la richesse des 3 morceaux (le 4e, ne durant que 2 minutes est en fait une piste d'introduction) compense largement la durée. Et du fait que Kenji Kawai s'est surpassé et que ses morceaux sont à tomber à la renverse (vous croiriez avoir tout entendu du monsieur que ce disque à la fois "si proche de" semble pourtant totalement à part), on se repasse bien souvent le disque.


Un disque sublime pour un travail sublime.
03 septembre 2006
Final Fantasy IV piano collections...

Allez, j'ose, c'est un bien bel objet que l'on a là.
Des morceaux sélectionnés avec goût parmi les principaux thèmes du jeu Final Fantasy IV et réarrangés au piano et avec une maîtrise qui laisse rêveur. D'une part, parce que piano oblige et uniquement piano, le son est d'une incroyable pureté. Ensuite parce qu'a bien des moments, l'influence des grands maîtres se fait sentir avec un bonheur rare. Si ce n'est pas Ravel qu'on croit discerner à une piste, c'est à Satie qu'on fait "coucou" de la main quand on ne croise pas Bartok et autres consorts.
A la base, Nobuo Uematsu est reconnu dans le monde du jeu vidéo comme principal compositeur des bandes originales des jeux Final Fantasy chez Squaresoft mais si ce monsieur est aussi grand, c'est parce qu'il a su insuffler une vie, une âme à des morceaux pourtant débutés sur synthé bontempi censés illustrer la traversée de quelques pixels en 4 couleurs. Exercice périlleux on en doute pas puisqu'en plus d'être l'illustration du jeu, la musique à sa vie propre à convoler dans notre tête par la suite quand ce n'est pas indépendemment du jeu sous la forme d'un compact-disc.
Et là, juste avec le rappel des grands maîtres classiques en filigranne, Uematsu et le pianiste donnent une largeur de sens, du vivant et du corps pour des morceaux qui s'écoutent sans même avoir joué au jeu.
Et qui nous font rêver....
Bref un pari gagné, et un disque de grande classe.
Le livret reprend la jaquette mais n'est plus argenté. Vertical et noir sur blanc.

30 août 2006
Miami Vice OST

Miami Vice ost - Atlantic/Warner records - 2006
Ne gâchons pas le plaisir de le dire, on prend autant de plaisir en écoutant la bande originale qu'en regardant le film, formidablement jouissif et pour rester dans l'esprit de la série télé de base très 80's, Mann a pris soigneusement le choix de musiques qui tout en étant parfois des hits tels qu'on pourrait en avoir dans une B.O simple (vous savez, ces OST formatées avec 50% voire 90% de morceaux de métal indigent ou râpeux qui ne semblent avoir étés crées que pour les besoins du film --ce qui s'avère exact le plus souvent-- et où les morceaux du compositeur se retrouvent parfois largués à la fin du disque comme de pauvres parias au fond de la cour quand ils ne sont pas regroupés en une seule piste, medley indigeste d'une bonne dizaine de minutes qui ferait regretter certain grands groupes de rock progressif des 70's... J'ai un très bon exemple sous les yeux, l'OST de M.I.B où le pauvre Danny Elfman n'avait sûrement pas mérité ça !) réussissent l'exploit de conserver une identité propre pour former un hybride (à l'image du film, assez expérimental en lui-même) à la fois jouissif comme une pure B.O de film mais aussi comme un disque produit où plusieurs morceaux seraient simplement réunis.
Mais Mann fait très fort et ces morceaux ont bien plus d'âme que de nombreux autres. Bravo.