The sound chaser

Des pochettes de cds à chaque fois. Sans prétention aucune. Juste par coeur, la beauté ou l' étrangeté qui s'en dégage.

20 mai 2007

Vangelis - The city

cityvangel

Vangelis - The city (1990)


Vangelis n'est pas qu'un compositeur de musique de film surdoué, il est avant tout un musicien autodidacte (il a appris à jouer du piano tout seul dès 4 ans...
O_o) qui évolua longtemps dans sa carrière dans la musique électronique un peu à part. "Compositions un peu new-âge, concepts-albums, musique qui purifie l'esprit"....En raison de son tempérament pacifiste et que ses morceaux étaient souvent une fusion de claviers moody avec parfois des instruments assez variés mais très souvent des morceaux calmes, on a trop vite rangé le père Vangelis dans la catégorie relaxation, un comble non ?

The city est un album concept dans le sens où Vangelis nous invite presque chamaniquement à capturer l'esprit d'une ville, à faire voyager notre âme dans une ville à la fois imaginaire et si proche de nous à l'écoute de chaque morceau. Tout y est pour prolonger l'immersion (bruits de pas, pièces de monnaies qui claquent sur le comptoir, moto qui démarre, paroles échangées (Roman Polanski et Emmanuelle Seignier qui parlent et font claquer leurs chaussures ! (*)), bruits de voyageurs à l'arrivée de la ville....Et au départ et nous offrir une agréable balade.





(*) mais si, mais si, je cite le livret :
Footsteps and voices by Roman Polanski and Emmanuele Seigner

Posté par Nio Lynes à 21:59 - Electronica couillue - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Björk - Hyperballad

pochettebjorkbal

Björk - Hyperballad (1995)

L'univers de Björk ne se limite pas bien sûr a ses seuls disques. Björk c'est aussi (et surtout ?) une image maîtrisée de bout en bout, dans ses clips, pochettes, tenues vestimentaires. Björk est la parfaite material girl telle qu'on pouvait le croire avec Madonna mais l'Islandaise est allée bien plus loin que celle-ci pour suivre une voie de non retour dans l'expérimentation sonore et visuelle tout en restant accessible au grand public (quoique Medullà...Mais bon, c'est autre chose ça...).

Avec ses disques sortent multitudes de petits albums, EP et remix en tous genre qui vivent leur vie séparée mais issus du même univers. En témoigne le morceau "Hyperballad" (peut-être l'un des plus beaux morceaux de l'album Post, en tout cas mon préféré. Curieusement il s'avère presque un brouillon qui annoncerait la sublime chanson "Joga" de Homogenic à bien y regarder) qui ici en plus de figurer dans une version plus ou moins normale mais raccourcie de l'album (le fameux "radio edit") se trouve agrémenté de 5 autres versions différentes, tour à tour planantes (le mix de Fluke), dansantes (le Tee's Freeze mix de Todd Terry pour soirée entre potes ou boîtes de nuit) voire....concassées et cassantes (le "stomp mix" de LFO) mais non moins intéressantes.

Les remix de Björk nous font découvrir une nouvelle facette des chansons, une autre vie à portée de mains disque. Bref c'est du tout bon.

Posté par Nio Lynes à 21:30 - Electronica couillue - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 mai 2007

Classement musicaux ?

Pour mieux s'y retrouver, j'ai mis à droite, au dessus des liens les différentes catégories musicales en restant toutefois dans une certaine subjectivité personnelle. Par exemple, peut on dire que Peter Gabriel fait de la "pop sucrée" ? Non. Mais ce n'est pas non plus essentiellement du "rock sombre" ou "torturé" ou "chaotique". En fait ça dépendra de la consonnance, du ton, de la couleur de l'album en lui-même et les 4 premiers albums solos de l'archange Gabriel seront par exemple plus classés dans une catégorie "rock sombre" ou "chaos torturé" qu'en pop sucrée. Sur ce blog, c'est plus une manière subjective et généraliste de classer les chroniques pour plus s'y retrouver qu'autre chose et non vouloir vraiment faire l'esthète chroniqueur qui pète plus haut que son cul en croyant s'y connaître en tout (ce que je ne suis pas vraiment au fond. Plus un passionné de musique assez ouvert cherchant a donner son avis qu'autre chose)...Ce qu'on peut voir parfois mais bon, après quel que soit le média, des goûts et des couleurs... :)

Posté par Nio Lynes à 18:40 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Lou Reed : Metal machine music

reeed

Lou Reed : Metal Machine Music


Oh le joli album inécoutable...qui s' écoute...Enfin pas non plus comme le ferait n'importe quel disque
.

Difficile de parler d'un album comme ça, un monstre.
4 pistes instrumentales de 15 minutes chacune où Reed lance un gros "fuck" à sa maison de disque d' alors, RCA qui publie contre sa volonté le "lou reed live". 4 pistes intenses d' un chaos sonore qui raviront les fanas de Sonic Youth, My Bloody Valentine et autres extrêmités sonores des plus étrangement expérimentales et feront fuir les autres, moins habitués aux bidouillages sonores qui vont loin, très loin.
Certains s' exclameront bien sûr "
que ce n'est pas de la musique, qu'il y a tromperie" et pourtant musique il y a mais il faut plus lui chercher des liens de parenté à l' industriel, au punk, au classique moderne et contemporain de Lygeti et Webern et tous les courants déviants qu' a une forme simple de musique basée sur la mélodie.

Avec ce disque, Reed rappelle qu'il a fait partie du Velvet Underground et comme pour le Velvet, de la souffrance de l' écoute naît la beauté. Du chaos océanique vaste et fumiste surgit le merveilleux, tout comme les disques que j' ai précité.
Ici, on dira : "la seule B.O du monde vu par les amibes", oui pourquoi pas aussi, je suis bien d'accord. gouuutte

Posté par Nio Lynes à 17:57 - Chaos torturé - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 mai 2007

Final Fantasy IV Celtic Moon

cleticmoonpochettet

Final Fantasy IV Celtic Moon (1991)

Après les versions piano de musiques de soundtrack de jeu vidéo, passons à un autre challenge, la retranscription en musique celtique ! Il fallait oser et maître Nobuo Uematsu déjà en charge des bandes originales des autres Final Fantasy le fit avec un bonheur certain. Et nous voilà revenus aux Moyen-âge ou du moins à l'écoute, ce qui peut le plus s'en rapprocher.

Pour retrouver l'état d'esprit même de la musique celtique, le compositeur japonais n'hésite pas a partir enregistrer en Irlande en août 91 aux studios Starc de Dublin, peu de temps après la sortie du jeu éponyme sur super Nes (pas encore sorti en Europe néanmoins. Les Final Fantasy ne seront "redécouvert" au grand public qu'après la sortie et le succès du 7e volet sur playstation) et de sa B.O avec 8 musiciens originaires du pays pour finalement livrer une oeuvre toute en finesse et en subtilité, terriblement mélancolique (voire d'une tristesse lacrymale impressionnante si je voulais faire dans l'ironie) où tous les instruments du passé (aucun instrument "moderne" utilisant l'électricité comme la guitare électrique ou le synthétiseur ne sont utilisés) sont sollicités. De la flûte traversière à la harpe Irlandaise (?) en passant par les violons, le hautbois ou l'accordéon pour former une oeuvre belle et homogène.

Je n'écoute pas souvent ce disque mais quand je le fais, c'est dans l'état d'esprit même d'où il a été conçu et avec un bonheur certain.

Posté par Nio Lynes à 15:53 - Original soundtracks... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 avril 2007

Maaya Sakamoto : Lucy

maayyyyyyarg

Maaya Sakamoto - Lucy (2001)


D'accord, j'adore Maaya Sakamoto et je ne pouvais pas décemment louper et cet album, et cette pochette, assurémment l'une des plus belles de la miss. L'album par contre, venant peu de temps après le sublime "Dive" m'avait au départ un peu déçu.
Puis avec le temps je me suis laissé embarquer, car Yoko Kanno (arrangement et production) n'oublie pas sa petite protégée, créant avec elle une pop toujours aussi lyrique, enjouée, énergique et rêveuse.

Certains morceaux semblent issus de bandes originales et non seulement ça s'entend mais c'est en plus en partie vrai (même si celà ne gâche en rien la délicieuse musique de Maaya) puisqu'a la même époque, Maaya participe au doublage de la série animée Arjuna tout en composant des chansons pour cet animé (Yoko Kanno compose la B.O de la série aussi) donc... Lucy (l'instrumental qui donne son titre a cet album), Mameshiba (superbe morceau, peut-être le meilleur de l'album), Kuuki to hoshi semblent à la fois faire partie de l'album tout en étant venu d'ailleurs. D'ailleurs Kuuki to Hoshi est une reprise d'un des morceaux d'Arjuna mais dont le tempo a été ralenti et avec le chant de Maaya.

Alors un bel album qui pourtant pour moi semble déjà un peu du déjà vu ( le milieu de l'album bouge un peu moins) tout en restant très bon. Paradoxal. J'avoue aussi qu'un fana de légumes bleutés (private joke) m'ayant déjà envoyé un best-of de cette chanteuse et que de nombreux morceaux étant issus de cet album lui bouffaient un peu ses chances. Je vois pas trop d'explications pour expliquer en moi que je porte moins d'intérêt a cet album qu'aux autres de Maaya que j'écoute eux, en entier.

(pas taper Shu' ! :) )


Pour me faire pardonner, la vidéo de Mameshiba, l'un de mes morceaux préférés.

edit : Bon c'est pas Yuunagi Loop non plus mais je crois qu'on va devoir demander a Michel Gondry de faire une vidéo pour Maaya si ça continue... :)

Posté par Nio Lynes à 20:44 - pop sucrée - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Klaus Schulze : Body love

klauscouvun

Klaus Schulze - Body love (Insideout - 1977)


J'aime bien la pochette, stylisée a souhait, d'ailleurs c'est un peu grâce a elle que je me suis lancé dans l'aventure Schulze (non, pas "papa Schulze") et découvrir a la suite tout un pan de la musique électronique des années 70 originaire d'Allemagne (comme quoi connaître "Kraftwerk" ne suffit pas).

En 1977, Schulze sort de la tournée harassante de son précédent disque "Moondawn" (un chef d'oeuvre de musique électronique des années 70, soit dit en passant. Ce qu'on s'accorde a nommer un "album culte", avis aux curieux) et vient de finaliser la B.O du film "Barracuda" (jamais entendu parler, quand au disque il n'est jamais sorti...étrange) quand il est abordé par le producteur allemand Manfred Menz à propos d'un réalisateur désireux d'utiliser sa musique et pas n'importe quel type de réal'.

Car Lasse Braun (rien a voir avec la marque d'électroménager) travaille dans le domaine du porno (ou plutôt j'appellerais ça de "l'érotisme débridé" si on compare avec le cinéma porno actuel) et s'est fait un nom en étant (historiquement, s'entend) le premier a aller exporter des films de ce genre dans la très prude Amérique. Le réalisateur, fana de la musique de Schulze avait alors essayé tant bien que mal d'utiliser la musique de celui-ci sur le montage de son film sans parvenir a quelque chose d'intéressant, les disques ("moondawn" et "timewind" utilisés étant pré-existants à l'univers du film et donc ayant leurs propres rythmes, leur propre logique.

La réaction de Schulze au premier abord est la suivante :


" (...) This led to a friendship which lasts till today. Menz now lives in Malibu, California where i visited him a couple of years ago. Anyway, this guy calls me and asks if i would compose the score to a porn movie. I said "Porn ? Nah, i don't do that kind of thing."


Le refus est donc catégorique mais peu de temps après, Klaus apprend que Braun avait déjà essayé vainement de la musique pop avant d'essayer de placer des extraits de ses albums. Intrigué, il demande donc a voir le film de Braun en montage avec Menz et sa petite amie française de l'époque, Blanche, a qui il dédie un titre de l'album.


" (...) We watched the movie and thought "well, it's really not too bad !" Besides, there wasn't too much dialogue in it so you could let the music run throught it all way. Therefore i didn't need to write two minutes here, three minutes there until the next piece of dialogue or sound effect occured. I had the opportunity of delivering a genuine composition."


Schulze a donc les pleins pouvoirs sur la bande son, du moment que sa musique planante (parfois plus facile a apprécier avec un joint, de l'herbe ou en étant vraiment pas fatigué :) ) s'accorde avec les images, libre de pouvoir bâtir ses longues pièces imposantes.

Au final ? Un trip sympathique (pour peu qu'on soit ouvert a la musique électronique des années 70 qui n'a que peu a voir avec celle d'aujourd'hui) où le musicien poursuit sur sa lancée d'une musique mélangeant solos de synthétiseur avec solos de batterie sur rythmiques séquentielles et nous donne un son "chaud" qui contraste avec ses autres oeuvres. Il paraît que le disque va aussi bien pour faire l'amour que l'écouter a tête reposée, encore faut il que votre compagne (ou compagnon) aime la musique électronique de Schulze...

Bref bon disque pour un musicien où le meilleur était encore a venir.




Pour plus d'infos sur Klaus Schulze ou ce disque, allez ici.
(les citations sont issues d'une entretien avec Shulze en 2005 lors de la remastérisation de ces disques chez InsideOut....)



Posté par Nio Lynes à 16:24 - Original soundtracks... - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 février 2007

Neil Young : Tonight's the night

neiltonightthenightyoung

Neil Young - Tonight's the night (reprise - 1974)


* Come on baby, let's go downtown...


C'est l'histoire d'un album qui resta 2 ans sur les étagères de la maison de disques, Reprise, qui le jugeait trop noir, trop morbide, définitivement trop sombre. C'est l'histoire d'un deuil ou plutôt de deux deuils qui accoucha de cette galette sépulcrale.

Au départ il y a la mort par overdose de Danny Whitten, guitariste héroïnomane que Young engage en fin de tournée de 1972 (la tournée de Harvest), auparavant viré en 1970 du Crazy Horse en raison de sa dépendance. Young avait alors écrit la chanson "the needle and the damage done" en parlant des problèmes de la drogue dans Harvest. Whitten avoue avoir arrêté la drogue, il ment.

Incapable de plaquer plus de deux accords sur une guitare, Neil excédé, le vire dans un avion en direction de son domicile, lui confiant 50 dollars pour se payer le taxi.
Appel dans le studio lors des répétitions du nouvel album le soir même, Whitten est mort d'une overdose en s'étant payé sa dernière dose d'héroïne avec les 50 dollars que Neil lui avait donné.

Début de culpabilité qui ne le quittera plus avant longtemps.


* Roll another number (for the road)


Par la suite, Neil et ses roadies engagent une étrange tournée. Fatigué de toujours faire des chansons gentillettes et ayant les mains libres et une (presque) totale liberté par les sommes engrangées sur Harvest, le canadien en profite pour faire un film (démolit par tous les critiques du monde ou presque en raison de la médiocrité de ces scènes) et livrer un double album qui ne contient....Que des morceaux connus. En fait, "Journey through the past" est la bande son du film du même nom. Ni l'un ni l'autre ne seront réédités en dvd et cd, il faut le mentionner. Là encore, Neil se fait limoger. Le magasine Rolling Stones ne l'épargne particulièrement pas : " le moment le plus faible de la carrière de Neil Young. Qu'un quelconque film puisse justifier l'existence de ce disque est une question qui mérite d'être posée." gouuutte


Neil s'en fout pas mal de la reconnaissance publique, en fait il a d'autres chats a fouetter au moment même, l'ambiance entre les musiciens tourne au malaise pendant la tournée, ceci demandant une augmentation de leurs cachets. Peu après, le "road manager" jette l'éponge, suivi du batteur.
Plus grave, le public n'en a rien faire et gronde. Venu écouter un survivant de l'époque hippie déclamer ses tubes "babas" à la "heart of gold", ils sont complètement désarçonnés par les morceaux que Neil écrit alors. Pour ne rien arranger les choses, plus ils réclament un "tube", plus Neil les provoque en leur jettant un morceau âpre en forme de règlement de comptes.

Puis aux deux tiers du périple, ses cordes vocales le lâchent et il décide d'appeler ses potes de Stills, Crosby et Nash à la rescousse pour finir ce qui relève d'une tournée à la dérive totale. Stills est en empêchement pour cause de mariage avec une jeune chanteuse française (Veronique Sanson !) mais on pourrait se demander si ce n'est pas si il fait encore la gueule à Neil tellement leurs coups de gueules au sein de C,S,N & Y sont mémorables (écouter le live "four way streets" où les deux frères ennemis se lancent dans des duels en solos de guitare, chacun de leur côté !). Crosby et Nash répondent présent malgré que leur moral n'est pas non plus au beau fixe : la mère de Crosby se meurt alors d'un cancer quand à Nash, sa petite amie, vient d'être retrouvée poignardée peu de temps auparavant. Ambiance.

La fin de la tournée est tellement pénible que Neil annule les dates de tournée en Europe afin de se faire "réparer" sa gorge. Le douloureux et hallucinant live "Time fades away" hélas jamais réédité en cd (en fait y'a encore une poignée de disque du Neil qui ne sont pas réédités en cds, snif), ne contenant que des chansons inédites et écrites sur les routes (avec hurlements de public !) sera le parfait témoignage de ces étranges joutes.

Et puis un évenement imprévu précipite tout et va lancer l'engrenage d'écriture de "Tonight's the night"...



* Speakin Out


Young en profite pour prendre quelques vacances bien méritées avec ces compères de C,S,N,&Y a Hawaïi et décide de reformer le groupe avec eux afin d'écrire de nouvelles chansons, mais le projet avortera de lui-même : rentrés chez studio, les musiciens finissent par repartir chacun de leurs côtés tandis que Neil apprend la mort de Bruce Berry, autre habitué du Quatuor du cheval fou. Mort par overdose encore, c'est la seconde, et cette fois-ci, le coup atteint le canadien plus fort qu'il ne l'aurait pensé.

Sur le coup d'une profonde dépression nerveuse, il écrit une poignée de chansons morbides et hantées avec ce qui peut rester du Crazy Horse, agrémenté de quelques invités en plus, puis moral au plus bas aidant, se mettent en conditions : "Les musiciens arrivent généralement au studio vers 6 heures du soir, se fracassent la tête à la Tequilla cuervo gold et à l'herbe avant d'être dans l'état requis pour communier avec les esprits de Whitten et Berry, "morts pour le rock'n'roll". Les morceaux qui jaillissent de ces séances sont aussi torturés et rugueux que ceux de Harvest étaient paisibles et soignés. Young insiste pour ne garder que les premières prises, quitte a privilégier l'émotion au détriment de la performance musicale, à la manière des vieux bluesmen crachant leur bile comme si leur vie en dépendait."


* Lookout Joe...


La maison de disque, Reprise, verra ces chansons macabres d'un très mauvais oeil, suffisamment pour décider de ne pas le publier (le cas n'est pas nouveau, récemment rappelez vous combien de temps on a dû attendre pour le nouveau Fiona Apple - "extraordinary machine"), ce qui n'empêchera pas Neil de les défendre en concert, dans des lives aussi hallucinants qu'hallucinés. Notre canadien se présente donc sur scène dans une tenue débraillée, barbe de 3 jours, lunettes noires de deuil, veste crasseuse (voir la pochette du disque pour s'en convaincre) et n'oublie pas d'apostropher le public et roter sur scène tout en faisant des blagues d'un humour grinçant. Punk avant l'heure, plus rien a perdre.

" Les spectateurs n'en croient ni leurs yeux ni leurs oreilles. Certains soirs, Young déclare toutes les consommations du bar gratuites, d'autres, il appelle les filles présentes a monter sur scène seins nus." gouuutte

Excédée, la maison de disque le sortira finalement, peu de temps après son autre chef d'oeuvre sombre, "On the beach" (écrit après et résultant lui, d'une rupture et d'un divorce !), pour donner le chef d'oeuvre très pessimiste et déprimant que l'on sait.


Les citations sont tirées du livre "Neil Young" d' Olivier Nuc.



Posté par Nio Lynes à 20:57 - Rock sombre - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 février 2007

Frida Hyvönen - Until death comes (2006)

fridahyvonenmen

Frida Hyvönen - Until death comes (2006 - Secretly canadian)

La dame est suédoise mais son nom est issu d'un père finlandais.
Frida Hyvönen fait partie de ses artistes singer songwritters qui émergent mais elle a déjà tout d'une grande. Originellement sorti en 2005 dans son pays d'origine, son album ne parut chez nous que fin 2006 et s'avère n'être nullement un simple brouillon. Premier album et déjà, on sent une grande artiste qui dans les notes de pochette n'hésite pas a remercier LA grande inspiratrice, Patti Smith. C'est dire...

A mi chemin de la pop, pas vraiment du rock, plus une espèce de folk, Frida s'installe seule avec son piano et sa voix qu'elle module pour faire ainsi apparaître des choeurs et ajouts, qui feraient presque penser a du gospel. Il y a bien une poignée de titre où apparaissent trompette, batterie et guitare (ainsi qu'un son chaleuresement années 70) mais la tonalité mélancolique générale sera au piano et a sa voix sans que l'on sache quelle chemin elle va prendre par la suite (cf l'album "pudel" qui sort bientôt...Déjà sorti même, non ?)...

Mais déjà ce premier album est une belle pièce.

Vous pouvez écouter des extraits sur son site internet, bande de veinards...

Posté par Nio Lynes à 16:08 - pop sucrée - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 février 2007

Björk : Debut (1993)

pochettedebut

Björk : Debut - (Polygram - Island - Universal (1993))

Après une brève carrière au sein du trop bref groupe punk Kükl ainsi qu'une autre, un peu plus longue cette fois, dans les Sugarcubes, Björk a le violent désir, violently happy on dira, de revenir a une oeuvre en solo, qu'elle avait alors plus ou moins commencée à l'âge de 11 ans en sortant son premier disque, des reprises de contes et chansonnettes (le fameux "Litli Arabadrengurinn - Björk" sorti en décembre 1977 ! Officiellement disparu car totalement écoulé à plus de 7000 exemplaires rien qu'en Islande, on peut le trouver officeusement en cherchant bien et à un prix un peu excessif, pour peu qu'on aime bien les "pop-song chewing gum", ce que l'intéressée qualifie de "pop gentillette fofolle" (*)).

Debut s'affirme d'emblée comme un coup de poker génial et donne un sérieux coup de pied dans la fourmillière pop de l'époque, faisant tourner ainsi tous les regards (ou presque...J'étais où moi en 93 ? :-)) vers la petite islandaise qui si elle ne sait pas trop où elle va, sait qu'elle ménera sa barque au long du périple quoi qu'il arrive (ce n'est d'ailleurs pas pour rien qu'elle arbore sur l'un de ses bras un tatouage qui symbolise en fait une sorte de boussole pour les marins).

Production soignée, arrangements somptueux ("aeroplane", "the anchor song", "play dead" qui dans l'édition japonaise de l'album est suivi par le morceau inédit chez nous "Atlantic") et bien sur, incroyablement mélodicité tant pop que dance. Sans oublier la voix de Björk toujours aussi extravagante. Enfin les clips. Déjà, on sent que la chanteuse, perfectionniste en diable, soigne son image à travers des grands noms ou des grands qui commencent à emerger (Gondry était moins connu auparavant qu'il ne l'est aujourd'hui).

Signe qui ne trompe pas, l'album avec le recul n'a pratiquement pas pris une ride et ne sonne en aucune manière datée, ce qui prouve que déjà, Björk avait tout d'une formidable maîtrise mais le meilleur restait encore à venir....

pochettedebutverso

Posté par Nio Lynes à 17:02 - pop sucrée - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Page précédente  1  2  3  4  5  6   Page suivante »