10 septembre 2006
Open your mind OST.

Eh oui, encore une réalisation de Kenji Kawai pour son compère Mamoru Oshii mais cette fois-ci ce n'est plus un film qu'il faut illustrer mais un moyen-métrage assez personnel du maître avec trois clips retraçant presqu'une synthèse des grandes étapes de la carrière du maître japonais mais avec un petit plus non négligeable qui fait partir l'univers d'Oshii vers des destinations jusqu'alors inconnues (les photos ci-dessous parlent d'elle-même...) et la musique de Kawai de suivre le même chemin ou presque.


Presque car à l'écoute de ce disque on comprend que les choses ne sont simples qu'en apparence. C'est bien simple, ce disque semble (tout comme pour Oshii) une synthèse du "style Kawai". Les choeurs de Ghost in the Shell et Innocence se retrouvent, évoluent, croisent la musique world, on a des synthés tout droit sortis de Patlabor 2 et des violons enjoués qu'on aurait pu mettre sur Avalon, mais l'on sent aussi une superbe utilisation des percussions, de pro-tools, et d'élèments rarement intervenus chez Kawai, notamment de la flûte ou du triangle.


Le disque peut au premier abord sembler très court il n'en est rien. Certes, il n'y a que quatre pistes audios, --l'équivalent d'un ep-- mais 3 de ses 4 pistes font en moyenne dans les 8 minutes et la richesse des 3 morceaux (le 4e, ne durant que 2 minutes est en fait une piste d'introduction) compense largement la durée. Et du fait que Kenji Kawai s'est surpassé et que ses morceaux sont à tomber à la renverse (vous croiriez avoir tout entendu du monsieur que ce disque à la fois "si proche de" semble pourtant totalement à part), on se repasse bien souvent le disque.


Un disque sublime pour un travail sublime.
05 septembre 2006
Maaya Sakamoto : Yuunagi LOOP (2005)

Dans certains moments, quand la mélancolie ou la déprime cèdent le pas au bonheur quotidien de l'existence du quidam moyen (celui qui en général ne se pose jamais de questions), il convient de ressortir les "bétonnières à bonheur musical". Pour certains ce sera les B-52, XTC, les Beatles ou les Beach Boys.
Moi, je me jette le plus souvent sur Yoko Kanno et Maaya Sakamoto et leurs sublimes musiques. D'ailleurs on dit souvent que les deux font la paire, Maaya composant, Yoko s'occupant des arrangements.
Et bien c'est fini les amis.
Surprise ! Pour ce 5e album officiel, Maaya Sakamoto s'occupe de tout, toute seule et se déniche une bande de musiciens et de collaborateurs alliés à même de pouvoir produire avec elle l'album (si, si, cette fois elle est à la production, cet album ne contient pas un gramme de Kanno) et les arrangements.
Et autre bonne surprise, malgré un petit temps d'adaptation (où l'on s'étonnera de ne pas retrouver de violons vintages, ni ce fameux "son étouffé" propre à tous les albums de la miss Kanno), l'album est suffisament bon pour posséder quelques classiques à même de figurer dans le panthéon des morceaux de la belle. Citons donc le doux, entraînant et sublime "Hello" (piste 1), les déroutants mais sympathiques "loop" (accords stoppés, notes qui surgissent d'on ne sait où...) ainsi que "Unison" (à ne pas confondre avec le titre d'une certaine Björk) que l'on visite presque comme dans une fête foraine, dans un grand 8 ou un tonnerre de Zeus, excitation et sentiments exaltés à fond, enfin n'oublions pas quelques "paprika" , "my favorite books", "Fuyu desu ka" (tiens des trompettes à la Earth, Wind and Fire....Plaisant) ou "wakaba".
Le premier album d'une longue non-collaboration entre Maaya et Yoko ? Une dispute ou un désaccord entre les deux demoiselles ? Un crêpage de chignon en coulisses ?
Il n'empêche que cet album est suffisamment bon pour dignement montrer une nouvelle orientation...

03 septembre 2006
Final Fantasy IV piano collections...

Allez, j'ose, c'est un bien bel objet que l'on a là.
Des morceaux sélectionnés avec goût parmi les principaux thèmes du jeu Final Fantasy IV et réarrangés au piano et avec une maîtrise qui laisse rêveur. D'une part, parce que piano oblige et uniquement piano, le son est d'une incroyable pureté. Ensuite parce qu'a bien des moments, l'influence des grands maîtres se fait sentir avec un bonheur rare. Si ce n'est pas Ravel qu'on croit discerner à une piste, c'est à Satie qu'on fait "coucou" de la main quand on ne croise pas Bartok et autres consorts.
A la base, Nobuo Uematsu est reconnu dans le monde du jeu vidéo comme principal compositeur des bandes originales des jeux Final Fantasy chez Squaresoft mais si ce monsieur est aussi grand, c'est parce qu'il a su insuffler une vie, une âme à des morceaux pourtant débutés sur synthé bontempi censés illustrer la traversée de quelques pixels en 4 couleurs. Exercice périlleux on en doute pas puisqu'en plus d'être l'illustration du jeu, la musique à sa vie propre à convoler dans notre tête par la suite quand ce n'est pas indépendemment du jeu sous la forme d'un compact-disc.
Et là, juste avec le rappel des grands maîtres classiques en filigranne, Uematsu et le pianiste donnent une largeur de sens, du vivant et du corps pour des morceaux qui s'écoutent sans même avoir joué au jeu.
Et qui nous font rêver....
Bref un pari gagné, et un disque de grande classe.
Le livret reprend la jaquette mais n'est plus argenté. Vertical et noir sur blanc.

30 août 2006
Miami Vice OST

Miami Vice ost - Atlantic/Warner records - 2006
Ne gâchons pas le plaisir de le dire, on prend autant de plaisir en écoutant la bande originale qu'en regardant le film, formidablement jouissif et pour rester dans l'esprit de la série télé de base très 80's, Mann a pris soigneusement le choix de musiques qui tout en étant parfois des hits tels qu'on pourrait en avoir dans une B.O simple (vous savez, ces OST formatées avec 50% voire 90% de morceaux de métal indigent ou râpeux qui ne semblent avoir étés crées que pour les besoins du film --ce qui s'avère exact le plus souvent-- et où les morceaux du compositeur se retrouvent parfois largués à la fin du disque comme de pauvres parias au fond de la cour quand ils ne sont pas regroupés en une seule piste, medley indigeste d'une bonne dizaine de minutes qui ferait regretter certain grands groupes de rock progressif des 70's... J'ai un très bon exemple sous les yeux, l'OST de M.I.B où le pauvre Danny Elfman n'avait sûrement pas mérité ça !) réussissent l'exploit de conserver une identité propre pour former un hybride (à l'image du film, assez expérimental en lui-même) à la fois jouissif comme une pure B.O de film mais aussi comme un disque produit où plusieurs morceaux seraient simplement réunis.
Mais Mann fait très fort et ces morceaux ont bien plus d'âme que de nombreux autres. Bravo.
12 août 2006
Someday's dreamers OST

Someday's dreamers OST
Il arrive parfois des achats qu'on fait au détour d'une envie ou d'un coup de coeur pour la pochette, sans même se douter de ce que sera la musique, ni même connaître la série dont elle est tirée. En voyant cette pochette, je me doutais bien sûr que ce ne serait pas du hard-rock ou du metal mais peut-être un truc assez doux, se rapprochant du folk.
C'était presque ça puisque la musique mélange allégrement folk calme avec racines celtiques et morceaux au piano seul ou au duo piano-violon. L'ensemble proposé est assez mélancolique, voire nostalgique, il n'y a pratiquement pas de rythmiques pour "bouger son corps" car fait intéressant, il n'y a pas même de batterie dans l'album (ou alors mixée très en dessous...) !
Le genre d'album a écouter dans les moments ensoleillés ou les moments de pluie qui tapent à la fenêtre comme peut-être aujourd'hui, tant sa douceur vous transporte ailleurs...

La seconde pochette, sous le boîtier cartonné...
08 août 2006
Nitin Sawhney - Philtre

Nitin Sawhney : Philtre - V2 music (2005)
7 eme album de cet hindou acquis au paysage saxon, il livre ici un album entièrement composé de chanson où les rares instrumentaux calmes des périodes précédentes livrent la place à des chansons maîtrisées, qui parfois se révèlent sur un tempo rapide, comme si elles avaient étés écrites dans l'urgence.
Distillant un doux philtre enivrant de sensualité de son style personnel mélangeant plusieurs genres, Nitin et ses invités au chant créent une ambiance planante qui doit autant au rn'b qu'au hip-hop, au jazz ou à la pop. On remarquera aussi l'apparition de guitares endiablées se taillant parfois la part du lion ("noches en vela (part 2)") ainsi que des basses dantesques ("footprints") tandis que des compositions qui auraient pu naître sans paroles se retrouve dotées d'une rythmique et de tours de chants loin d' être désagréable ("journey" mais aussi "koyal (songbird)"). Au final vous l'aurez compris, cet album reposant s'écoute sans déplaisir et revient continuellement pour le bonheur de nos petites oreilles.
24 juillet 2006
Steamboy OST

Steamboy OST - Miya records (2004)
Le nouveau film de Katsuhiro Otomo a dû en surprendre plus d'un et l'on attendait pas vraiment le génial réalisateur japonais aux commandes d'un film "Steampunk" se déroulant en grande partie dans la Londres de la fin du XIXe siècle. Et pour un film "européen", quoi de mieux qu'un compositeur --qui plus est fan d' AKIRA-- étranger au Japon (donc Occidental) qui soit à même de donner vie musicalement aux scènes du film ?
Steve Jablonsky donc (puisque c'est lui, sans fausse surprise, à moins que vous ne puissiez voir la pochette ce qui m'étonnerait un peu), retrousse ses manches et crée un score symphonique à la fois doux tout en puisant de grands moments de ténèbres et de désolation d'où surnagent de puissantes fulgurances ("the chase" en piste 2 par exemple) et des thèmes lyriques (le "Ray's theme" du générique de fin du film qui ici, semble un peu court...) propres à garder une formidable cohérence dans un album sombre, fait de rouages et de vapeur, d'éther et d'acier.
Une grande B.O pour ceux que le symphonique lyrique et grandiloquant n'éffraie pas.
Perfect Blue OST

(1999).
Perfect Blue est la B.O fascinante d'un film fascinant et comme illustration d'un film sur le basculement de la réalité dans un état proche de la schizophrénie, elle est parfaite. D'ailleurs, la B.O est schizophrène, oscillant à la limite de l'écoutable et de l' inécoutable; entre ambiant dégénérée et inquiétante et pop sucrée terriblement aguicheuse. Sans oublier bien sûr des choeurs désincarnés renversants, faisant diantrement penser à Ghost in the shell, le côté dérangé en plus : pour les pistes 5 et 9, on aurait laissé une chorale d'enfants cinglés chanter les mêmes lettres dans une église à l'abandon que ça n'aurait rien changé et l'on prend un plaisir bien masochiste mais tellement jouissif à naviguer dans une B.O bien plus sous-estimée qu'il n'y paraît.
03 juillet 2006
Petite mise à jour d'écoute...
J'en profite pour mettre des pistes audio trouvées de radioblogs divers pour quelques disques, histoire de faire saliver un peu les bloggeurs fous qui passeraient par là.
Il y a donc de la musique ici, là, là ou bien là.
20 juin 2006
The flamings lips : The soft bulletin (1999)

The Flamings lips : The soft Bulletin - Warner records (1999)
Allez, je m'enflamme dès le début mais ce disque le vaut largement et bien plus que mon amour et mon soutien sans bornes, sans doute...
Ce disque est le plus beau disque de l'année 1999.
Le plus beau, le plus inventif, le plus grand.
Et ce groupe est le seul de l'autre côté de l'Atlantique à peut-être tenir la dragée haute au quintette d'Oxford, les five horsemen dans le domaine de la chanson mi-rock, mi-pop semi mélancolique et terriblement humaine, mais au contraire de la bande à Yorke, on ne déprimera nullement en écoutant tout l'album des lèvres enflamées (la traduction du nom fabuleux du groupe), groupe existant depuis 1983, comme leurs comparses de Mercury Rev (ils ont le même producteur en commun et s'échangent même parfois leurs musiciens, c'est dire), et se renouvelant à chaque album.
Pour celui-ci, c'est une porte ouverte et jamais refermée dans le rêve qu'ils nous offrent en concassant la musique, l'étirant comme une pâte à modeler, la redessinant dans de sublimes contours.
Car nos compères ont bien compris que la musique est (et dois rester) en perpétuel changement, bouleversements; règle apprise et respectée à la lettre dans chaque piste où tout fourmille d'idées les plus folles et saugrenues. Ainsi on pourra s' étonner du petit bruit "crap-crap-crap" presque chuchoté sur "Feeling yourself disintegrate" (un titre typique à la Lips ça) qui forme son rythme mais aussi sa ligne mélodique tandis qu'on pourra sourir sur les (faux) criquets en fond sonore de "Sleeping on the roof" tout en étant subjugué par la gaiété mais aussi la gravité retenue se dégageant de chacune des pistes, soit par la musique, soit les paroles mais celà justement donne à la musique son cinémascope mélancolique dans une alchimie que n'aurait pas renié LE grand mélancolique et leader à lui tout seul d'un certain The divine Comedy...
....I accidently touch my head
and noticed that i had been bleeding
For how long, i didn't know.
What was this, i thought,
that struck me ??
Disque indispensable.