The sound chaser

Des pochettes de cds à chaque fois. Sans prétention aucune. Juste par coeur, la beauté ou l' étrangeté qui s'en dégage.

25 mai 2007

Porcupine Tree - Stupid dream

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Porcupine Tree - Stupid Dream (1999)

"This morning i woke up and suck a lemon...."

Ah non c'est du Radiohead, excusez moi. Il n'empêche, cet album magnifique a mi chemin entre pop et rock lyrique eut la malchance de sortir après le "Ok computer" du quintette d'Oxford et avec moins de publicité et de communication que ces derniers. Wilson se vengera en changeant encore plus d'une fois le style du groupe par la suite donc (de rock prog', on est passé a rock-pop mélancolique avant un virage vers le hard-rock et le metal)...Et réussira a conserver d'anciens fans tout en en ayant de nouveaux.

Il faut dire que la musique du groupe reste accessible. Ici, l'influence majeure c'est le Pink Floyd, fusionné a des refrains et une technique mélodique imparable et finement cherchée où chaque son est une ambiance qui apporte véritablement à chaque chanson. On peut même entendre des bruits de respirations très Dark Vador sur le sublime "A smart Kid", c'est dire les recherches et idées qui foisonnent.

Un très bon album de rock. Très très bon.

edit : Grâce au Serial Joker (Atopia en liens a droite), vous pouvez écouter justement le délicieux "A smart Kid". Suivez le lien bande de petits gourmands...

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24 février 2007

Neil Young : Tonight's the night

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Neil Young - Tonight's the night (reprise - 1974)


* Come on baby, let's go downtown...


C'est l'histoire d'un album qui resta 2 ans sur les étagères de la maison de disques, Reprise, qui le jugeait trop noir, trop morbide, définitivement trop sombre. C'est l'histoire d'un deuil ou plutôt de deux deuils qui accoucha de cette galette sépulcrale.

Au départ il y a la mort par overdose de Danny Whitten, guitariste héroïnomane que Young engage en fin de tournée de 1972 (la tournée de Harvest), auparavant viré en 1970 du Crazy Horse en raison de sa dépendance. Young avait alors écrit la chanson "the needle and the damage done" en parlant des problèmes de la drogue dans Harvest. Whitten avoue avoir arrêté la drogue, il ment.

Incapable de plaquer plus de deux accords sur une guitare, Neil excédé, le vire dans un avion en direction de son domicile, lui confiant 50 dollars pour se payer le taxi.
Appel dans le studio lors des répétitions du nouvel album le soir même, Whitten est mort d'une overdose en s'étant payé sa dernière dose d'héroïne avec les 50 dollars que Neil lui avait donné.

Début de culpabilité qui ne le quittera plus avant longtemps.


* Roll another number (for the road)


Par la suite, Neil et ses roadies engagent une étrange tournée. Fatigué de toujours faire des chansons gentillettes et ayant les mains libres et une (presque) totale liberté par les sommes engrangées sur Harvest, le canadien en profite pour faire un film (démolit par tous les critiques du monde ou presque en raison de la médiocrité de ces scènes) et livrer un double album qui ne contient....Que des morceaux connus. En fait, "Journey through the past" est la bande son du film du même nom. Ni l'un ni l'autre ne seront réédités en dvd et cd, il faut le mentionner. Là encore, Neil se fait limoger. Le magasine Rolling Stones ne l'épargne particulièrement pas : " le moment le plus faible de la carrière de Neil Young. Qu'un quelconque film puisse justifier l'existence de ce disque est une question qui mérite d'être posée." gouuutte


Neil s'en fout pas mal de la reconnaissance publique, en fait il a d'autres chats a fouetter au moment même, l'ambiance entre les musiciens tourne au malaise pendant la tournée, ceci demandant une augmentation de leurs cachets. Peu après, le "road manager" jette l'éponge, suivi du batteur.
Plus grave, le public n'en a rien faire et gronde. Venu écouter un survivant de l'époque hippie déclamer ses tubes "babas" à la "heart of gold", ils sont complètement désarçonnés par les morceaux que Neil écrit alors. Pour ne rien arranger les choses, plus ils réclament un "tube", plus Neil les provoque en leur jettant un morceau âpre en forme de règlement de comptes.

Puis aux deux tiers du périple, ses cordes vocales le lâchent et il décide d'appeler ses potes de Stills, Crosby et Nash à la rescousse pour finir ce qui relève d'une tournée à la dérive totale. Stills est en empêchement pour cause de mariage avec une jeune chanteuse française (Veronique Sanson !) mais on pourrait se demander si ce n'est pas si il fait encore la gueule à Neil tellement leurs coups de gueules au sein de C,S,N & Y sont mémorables (écouter le live "four way streets" où les deux frères ennemis se lancent dans des duels en solos de guitare, chacun de leur côté !). Crosby et Nash répondent présent malgré que leur moral n'est pas non plus au beau fixe : la mère de Crosby se meurt alors d'un cancer quand à Nash, sa petite amie, vient d'être retrouvée poignardée peu de temps auparavant. Ambiance.

La fin de la tournée est tellement pénible que Neil annule les dates de tournée en Europe afin de se faire "réparer" sa gorge. Le douloureux et hallucinant live "Time fades away" hélas jamais réédité en cd (en fait y'a encore une poignée de disque du Neil qui ne sont pas réédités en cds, snif), ne contenant que des chansons inédites et écrites sur les routes (avec hurlements de public !) sera le parfait témoignage de ces étranges joutes.

Et puis un évenement imprévu précipite tout et va lancer l'engrenage d'écriture de "Tonight's the night"...



* Speakin Out


Young en profite pour prendre quelques vacances bien méritées avec ces compères de C,S,N,&Y a Hawaïi et décide de reformer le groupe avec eux afin d'écrire de nouvelles chansons, mais le projet avortera de lui-même : rentrés chez studio, les musiciens finissent par repartir chacun de leurs côtés tandis que Neil apprend la mort de Bruce Berry, autre habitué du Quatuor du cheval fou. Mort par overdose encore, c'est la seconde, et cette fois-ci, le coup atteint le canadien plus fort qu'il ne l'aurait pensé.

Sur le coup d'une profonde dépression nerveuse, il écrit une poignée de chansons morbides et hantées avec ce qui peut rester du Crazy Horse, agrémenté de quelques invités en plus, puis moral au plus bas aidant, se mettent en conditions : "Les musiciens arrivent généralement au studio vers 6 heures du soir, se fracassent la tête à la Tequilla cuervo gold et à l'herbe avant d'être dans l'état requis pour communier avec les esprits de Whitten et Berry, "morts pour le rock'n'roll". Les morceaux qui jaillissent de ces séances sont aussi torturés et rugueux que ceux de Harvest étaient paisibles et soignés. Young insiste pour ne garder que les premières prises, quitte a privilégier l'émotion au détriment de la performance musicale, à la manière des vieux bluesmen crachant leur bile comme si leur vie en dépendait."


* Lookout Joe...


La maison de disque, Reprise, verra ces chansons macabres d'un très mauvais oeil, suffisamment pour décider de ne pas le publier (le cas n'est pas nouveau, récemment rappelez vous combien de temps on a dû attendre pour le nouveau Fiona Apple - "extraordinary machine"), ce qui n'empêchera pas Neil de les défendre en concert, dans des lives aussi hallucinants qu'hallucinés. Notre canadien se présente donc sur scène dans une tenue débraillée, barbe de 3 jours, lunettes noires de deuil, veste crasseuse (voir la pochette du disque pour s'en convaincre) et n'oublie pas d'apostropher le public et roter sur scène tout en faisant des blagues d'un humour grinçant. Punk avant l'heure, plus rien a perdre.

" Les spectateurs n'en croient ni leurs yeux ni leurs oreilles. Certains soirs, Young déclare toutes les consommations du bar gratuites, d'autres, il appelle les filles présentes a monter sur scène seins nus." gouuutte

Excédée, la maison de disque le sortira finalement, peu de temps après son autre chef d'oeuvre sombre, "On the beach" (écrit après et résultant lui, d'une rupture et d'un divorce !), pour donner le chef d'oeuvre très pessimiste et déprimant que l'on sait.


Les citations sont tirées du livre "Neil Young" d' Olivier Nuc.



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02 janvier 2007

King Crimson : Red

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Après eux, l'apocalypse.

King Crimson - Red (Virgin - Discipline - 1974)


3e grand cycle du roi pourpre et dernier disque, le plus noir et expérimental des 70's, après la période lyrique (les 2 premiers albums) et le second cycle, jazz/musique de chambre, Red sort à titre posthume : Fripp excédé, ayant dissous le groupe quelques mois avant la sortie de ce vinyle, énervé des désaccords continuels au sein de sa créature, changements de personnel et départ d'un peu tout le monde sans oublier les pressions internes...

Red est donc l'album noir de fin, Fripp ne reformera le groupe qu'en 80 (pour une mouture très électronique mais ça c'est une autre histoire, tout aussi passionnante) et celà se sent d'ailleurs à l'écoute. Formidable chant du cygne, grunge sombre avec presque 20 ans d'avance.


Liste des pistes :

  • 1/ Red (6:16)
  • 2/ Fallen angel (6:03)
  • 3/ One more red nightmare (7:10)
  • 4/ Providence (8:10)
  • 5/ Starless (12:16)


1/ Red est un instrumental lourd, martial, agressif qui indique d'emblée la couleur de l'album. Mais curieusement le milieu du morceau laisse la guitare devenir brusquement aérienne comme un aigle menaçant qui survolerait sa proie.
A chaque fois que j'écoute Red, je pense à une musique de film d'horreur. Etonnant non ?

2/ Fallen Angel est sombre balade. Comprendre que c'est une chanson presque normale mais les paroles montrent bien que l'on reste sur ce chemin de l'obscurité : un gamin est tué le jour de ses 16 ans dans les rues de New-York. Comme anniversaire, on trouve plus gai, je vous l'accorde... O_o

Magnifique passage de guitare électrique vers 3 minutes.

3/ One more red nightmare...N'est pas une allusion au communisme. :)

En fait plus une critique de l'Américain bien pensant sur fond de rock-Jazz avec clapements de mains et la guitare de Fripp qui rôde toujours aux aguets. Un titre très groovy avec d'excellents morceaux de saxophone avec une fin qui n'est pas sans rappeler celle de "welcome to the machine" de Pink Floyd qui sortira un an plus tard.
Le Frippon reste en avance.

4/ Providence est un titre improvisé live (mais les sons du public ont étés gommés au mixage) et c'est le plus dur d'accès du groupe et curieusement il se rapproche assez des morceaux inquiétants de Silent hill (l'ost 1, la plus "hard"). Mon conseil ? L'écouter dans le noir pour vivre l'ambiance formidablement désenchantée de cette "introduction" à Starless, LE grand morceau du groupe.

5/ Starless.... Ok on y est, voilà le plus grand morceau du groupe, le plus noir, le plus jouissif mais pas le plus long (comparé aux 23 minutes de "lizard" sur l'album éponyme), en tout cas le meilleur.

Starless débute lentement, mélancoliquement, les 4 premières minutes, chantées sont le thème principal avant soudain d'embrayer sur une note de guitare électrique qui se répète lentement, dangereusement. Signal d'alarme. A cette note s'en glissent vicieusement d'autres pour former une suite qui monte d'accords en accords tandis que les percussions résonnent dans le noir comme des pieds qui cliquettent. Le morceau évolue lentement, de plus en plus, dévoilant une tempête qui gronde au fur et à mesure que les notes se rajoutent de plus en plus jusqu'au paroxysme.
Soudain tout se détraque, on bascule dans un chaos de rock-jazz qui va a 100 à l'heure presque joué sans filet, ralentit, puis se redétraque rapidement, presque improvisé avant de revenir brutalement au thème principal dans la dernière minute finale, mais où tous les instruments de l'album jouent (même le violoncelle de Providence), comme un adieu vibrant et déchirant......

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25 décembre 2005

David Bowie : "Heroes"

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David Bowie : "Heroes" - EMI. (1977)

Un David sortant lentement de sa déprime ("Low") mais toujours morose et exilé à Berlin, dans la vieille Europe avec Brian Eno et Iggy Pop. Un David, presque automate sur la pochette, un être qui se cherche, un homme qui doute. Relevant la tête, arrêtant douloureusement la coke, "Heroes" est un album à peine conceptuel sur la solitude des êtres. Arrivant second dans le "triptyque Berlinois" (Le froid et inhumain "Low", "Heroes" entre glace, feu et intemporalité et enfin "Lodger" disque de multiples voyages, fuite en avant vers d' autres musiques, d' autres modes de pensée), l' album comme le premier volet de la trilogie, se compose d' une face A avec des chansons à peu près normales (le chef d' oeuvre "heroes" en hommage à un couple d' amoureux au pied du mur de Berlin, les inquiétants et dérangés "Beauty and the beast", "Joe the lion", " Sons of the silent age" et l' énergique et strident "Blackout") avec néanmoins le petit tic de décalé tandis que la face B aligne perles instrumentales et ambiants (que des chefs d' oeuvres, trois fois rien quoi) parmi lesquels les hallucinants et intemporels "Sense of doubt" et "Neuköln". Qui aurait cru avant Low et "Heroes" que Bowie (très déprimé) allait aussi facilement lancer sa veste dans de sublimes tentatives de suicide commercial (Low et "Heroes" n' eurent même pas de pub et malgré leur austérité, les deux albums se placèrent dans les charts, trouvant finalement un public, notamment une jeune bande de Mancunien dont le chanteur se nommait Ian Curtis) ?
Aujourd' hui ces albums restent des joyaux décalés et froid, intemporels.

Posté par Nio Lynes à 19:34 - Rock sombre - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 août 2005

Pink Floyd : Animals (1977)

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Pink Floyd : Animals - EMI (1977)

"you've got to strike when the moment is right without thinking...".

Après l' hommage entier de "wish you were here" deux ans auparavant au génie et premier leader, Syd Barrett, les choses se sont obscurcies sur la planète Pink Floyd, comme partout dans le royaume de la perfide Albion. Thatcher a pris le gouvernement d'une main de fer et les temps deviennent plus durs. Pink Floyd, dans l' air du temps et malgré son statut de dinosaure qui le fera entrer dans le collimateur des punks peu de temps après, l'a bien compris. D' ailleurs c'est là tout le génie du groupe (car le groupe en a encore à cette époque), devancer d'un an le mouvement anarchiste musical avec ce concept album tournant autour du thème de "la ferme des animaux" la satire noire d' Orwell.

Dans le livre et sans spoilier trop, c'est le cochon qui de par son intelligence s' élève le plus parmi les autres bêtes de la ferme et de ce fait devient le plus dangereux et rapidement manipulateur. Bien avant d' autres écrivain, Orwell savait que le pouvoir  (attention hein, ce n'est qu'un avis subjectif qui ne se base pas forcément pour notre pays ou monde actuel) n' apporte au fond que manipulations, corruptions et mensonges. Le cochon se substitue à l' homme pour régner sur le micro univers qu'est la ferme.

Comment dès lors ne pas s' étonner et comprendre l'image du cochon volant survolant une usine d' abattoirs ? C'est l' animal qui échappe à son statut et échappe donc à l' homme. Pourtant l' album du groupe n' en démontre pas moins que l' animal est un homme comme les autres. Reprenant la satire d' Orwell, Waters qui s'est emparé de presque tout le projet (Gilmour réussira néanmoins à cosigner "dogs") en profite pour démontrer un portrait noir et cynique de l' humanité à travers 3 animaux : les chiens (les milices, sans cervelles, juste des outils), les cochons (les politiciens, les savants, l' intelligentsia qui utilise ses dons à mauvais escient) et les moutons (la masse...).

La musique en plus des textes ironiques et vitriolés se voit donc elle aussi changée. Abandonnant la sophistication stéréo quadriphonique de "dark side...." et "wish...", le son devient plus étouffé, la batterie devenant un coeur qui bat à l' approche de la mort (Dogs, fabuleux de 17 minutes), le synthé ne se chargeant que de lignes atmosphériques (le souffle, la respiration), la basse rampant ou se cachant, la guitare qui alterne entre mise en avant (le solo final et énergique de Sheep, ultime source de renouveau, comme si l' espoir pouvait subsister de la masse) et mise en arrière comme baissée (pigs), samplée derrière la voix de Waters, plus destabilisant que le doux Gilmour.

Un grand album noir et sombre qui voit là l' avènement du contrôle total de Waters sur le groupe.

Posté par Nio Lynes à 12:04 - Rock sombre - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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