13 juillet 2007
Twin Peaks - Fire walk with me

Twin Peaks - Fire walk with me (Warner/Wea - 1992)
Le film de David Lynch suit de deux ans sa série culte mais chronologiquement, se situe plusieurs jours avant le premier meurtre et la découverte du corps de Laura Palmer dans la série (premier épisode ou épisode pilote) et cette fois, plus encore que dans la série, Lynch et son compère Badalamenti peuvent prolonger les thèmes musicaux mais aussi l'univers sonore (et visuel mais ça c'est le film) tant de la série que le film. Vous me suivez ?
Disons qu'on reste dans les thèmes jazzy (en grande partie) qu'on peut retrouver dans la série mais cette fois, c'est encore plus sombre ou distant. Dès le thème majestueux de l'ouverture (le bien nommé "fire walk with me" en première piste), on comprend que l'on va plus loin que la série. Cette première piste, digne représentante d'une tradition sonore-jazz du film noir instaure une tension que l'on retrouvera en suspens sur l'ensemble du disque. Bien sûr, ici encore et plus que dans la série, la magie Badalamentienne opère une fois de plus, que ce soit à travers l'énergique "the pine float", le rêveur et sensible "best friends" ou "question in a world of blue" chanté (susurré ?) par une Julee Cruise qui nous emmène toujours plus loin.
Et quand à l'image des dernières scènes du film, monte "the voice of love", on est cloué, on chiale, le film, la B.O puis l'utilisation des deux (la B.O et le souvenir du film) frappent à puissance 10. Lynch a gagné, on est terrassés, jouissants d'extase, on en redemande encore et encore pour ce qui est l'une des meilleures bandes originales des 90's.
Tangerine Dream : Stratosfear

Tangerine Dream - Stratosfear (Virgin - 1976)
Un titre des plus étranges et équivoques à la fois (la stratosphère --donc lieu propice pour la musique planante du groupe-- doublée de "fear" qui montre bien le programme inquiétant que le rêve mandarin va dérouler une nouvelle fois) pour une musique à mi-chemin entre électronique et rock dans un background assez houleux...
Du point de vue musical, le groupe a progressivement abandonné les plages ambiantes de Phaedra (1974) et Rubycon (1975) pour se tourner vers une musique electronique un peu plus rock en elle-même (qui aboutira peu de temps plus tard a la gifle de Force majeure (1979) avant de repasser furtivement le temps d'une poignée d'albums aux longues plages planantes et rêveuses.
Puis les années 80 débouleront en force et la musique du groupe
changera radicalement avec les équipements digitaux. Le "son" se fera largement plus froid...). La guitare (accoustique et électrique) qui
faisait son apparition timide sur Ricochet (impro enregistrée
live, hallucinant, album précédent) devient ici un instrument important
du processus, tant dans son utilisation en solos (le bref mais jouissif
solo de guitare électrique de Stratosfear) qu'a l'accoustique (le
presque folk de seconde piste) où en simple texture (piste 3)
supportant la musique.
Stratosfear est sombre (et un peu
glauque), peut-être plus que les précédents disques (mais moins qu'a
leurs débuts je pense, m'enfin, c'est à vérifier vu que je ne possède pas "Atem" ni "Zeit") mais garde ce qui fait la touche du groupe :
mélodies assez belles à la limite de l'improvisé et du structuré avec "inquiétante étrangeté" (d'ailleurs la piste
2, on a vraiment l'impression a un moment qu'un malade mental nous
souffle dessus, juste derrière nous... Ecoutez, vous allez comprendre... ^^' ) et richesse des compositions (si
vous remarquez bien pour ceux qui possèdent l'album, les 3 premières pistes commencent et se terminent
par les mêmes notes...J'avais pas fait gaffe au début).
D'ailleurs, est il utile de préciser que Tangerine Dream semble plus a l'aise dans les morceaux longs ? En celà, "Stratosfear"
qui donne son titre à l'album fut longtemps (et encore aujourd'hui)
considéré comme le "Stairway to heaven" du groupe : lente montée
progressive electronique, tension qui s'accumule avant de brusquement
tout décharger dans un bref mais jouissif solo de guitare. C'est aussi ce qui en fait un de leurs meilleurs morceaux...
Stratosfear
est un peu court mais il compense ce léger défaut par la richesse des
morceaux, ce qui fait qu'on prend un malin plaisir a y revenir, le
poison s'étant lentement bien dilué dans nos petites oreilles...
J'avais
mentionné un peu de houle plus haut ?
J'y reviens. A cette
époque, les prises de bec entre Baumann (flûte et keyboards (*)) et Froese (guitars and lead keyboards on peut dire) commencent à prendre
de l'ampleur, le premier reprochant au second (si j'ai bien compris)
que la musique commençait a devenir commerciale et surtout que Froese
étendait son emprise et sa main mise sur le groupe un peu trop. A
plusieurs reprises, pendant l'enregistrement puis la tournée suivant
Stratosfear, Baumann menace de claquer la porte.
Ce qu'il fera peu de temps après la tournée américaine qui donnera l'énorme disque live "Encore"...
En résulte dans la tension, cet excellent disque où une étrange ambiance de solitude plane dans le groupe.
(*) classe non, la prononciation à l'américaine ? :)
04 juillet 2007
Scott Walker : Tilt

Scott Walker - TILT (1995 - Fontana/Warner)
Vous avez vus la pochette ? Indescriptible au possible, hein ? Eh bien à l'image de sa pochette, Tilt est un ovni inclassable à la limite de l'ambiant, l'indus, le chant de crooner (Scott Walker fut l'une des sources d'inspiration majeure de David Bowie et Neil Hannon (the divine comedy) par ces nombreux disques parfois très Brelliens des 60's mais par la suite, son chemin dévia vers des terres inquiétantes et désaxées) et la pop. En fait "Tilt" est la réunion à coup de baguette magique de tous ses ingrédients là, créant un drôle de paquettage.
On ne sait combien d'exemplaires ont pu se vendre de ce..."truc". Mais ce genre d'exercice de style, ça s'appelle de l'Art croyez moi. Et qui plus est, ce serait plus de l'art contemporain à défaut d'être populaire et universel car voyez-vous, c'est un disque difficile d'accès pour le menant, le gueux qui n'écouterez que de la musique "facile". Mais (ne m'envoyez pas de tomates pourries, j'en ai déjà plein dans le frigo entre le citron et les carottes merci) même l'amateur de musiques sortant de l'ordinaire sera pris au piège de cet attrape-oreille. Et ici, aucune référence a laquelle se raccrocher, nous sommes perdus face a une musique douloureusement bruitiste et mélancolique qui, au fil des écoutes, se laisse lentement s'apprivoiser pour délivrer une beauté incroyable. Oui, sans doute l'un des disques les plus difficile d'accès des 90's mais sans doute au final l'un des plus beaux.
Chef d'oeuvre sans nom.

edit ! Voici l'album à télécharger dans son entier ! Bonne écoute, bande de vauriens...Et n'oubliez pas, celà demande du temps, ce n'est pas un album facile, oh que non !
02 juillet 2007
Récapitulatif pochettes (6)
Voici un nouveau récapitulatif des groupes et artistes mis récemment...
Une manière d'y retrouver ses petits quoi !
- Björk - Debut
- Frida Hyvonen - Until death comes
- Neil Young - Tonight's the night
- Klaus Schulze - Body love
- Maaya Sakamoto - Lucy
- Final Fantasy IV - Celtic moon
- Lou Reed - Metal machine music
- Björk - Hyperballad
- Vangelis - The city
- The chemical Brothers - Dig your own hole
- Porcupine Tree - Stupid dream
- Keren Ann - La disparition
- Sigur Ros - Takk
- Ghost in the shell - stand alone complex - Solid state society
- Genesis - Duke
- Quentin Tarantino's Death Proof ost
- Björk - Volta
- My bloody valentine - Isn't anything
Voilà ! A plus pour d'autres recapitulatifs de disques...
01 juillet 2007
My Bloody Valentine - Isn't Anything

My Bloody Valentine - Isn't anything
Premier effort de la bande a Kevin Shields avant le monumental (et indépassable) Loveless, et déjà "Isn't anything" sonne tout sauf comme un brouillon même si l'album d'après sera un grand pas en avant. Déjà ici se posent les bases de la "noisy" --pourtant déjà bien instaurée par Sonic Youth mais contrairement à ses derniers, le groupe irlandais de Shields instaure des mélodies brouillées et addictives facilement mémorisables-- du groupe, un style qui s'essouflera aussi vite que le grunge mais donnera respectivement à de nombreux groupes des perles dans leurs domaines respectifs. D'ailleurs ici, à bien des égards, ça sonne clairement grunge pour des comptines finalement assez torturées et sadomaso ("sueisfine" par exemple). Les paroles ne sont pas en reste non plus parfois, dans un groupe et un style qui finalement prône le crépusculaire, l'essouflement et le refuge contre la fatigue et les désillusions de la vie.
On a beau dire et ça sonne comme une éternelle redite mais My bloody valentine c'est ça au fond : une musique où se réfugier et y rester presque perpétuellement.
Une fois qu'on y est, on est happé par des boucles et paysages sonores presques infinis.
Ce commentaire s'applique à "loveless" dans son ensemble même si ici surnagent déjà quelques morceaux de bravoures épatants tel "soft as snow (but warm inside)" où la voix reste le seul filet à se raccrocher face a des guitares plaintives et une batterie martiale et carrée échappée de la cold-wave (la chaleur en plus néanmoins) ou bien "Lose my breathe" où déjà le groupe expérimente un parfait mur sonore fait de collage divers et de saturations de 6 cordes.
Et finalement à l'écoute de cette musique, on comprend sa pochette, surexposée, dévorée de sa propre lumière, son incandescence qui trône dans ses replis, sa force et sa perte. Bien avant leur génial monument, le petit groupe irlandais était par cet album, déjà presque un grand.
